Felipe González, président du groupe de réflexion sur l'avenir de l'Europe, a prévenu les dirigeants européens qui participaient au sommet des 25 et 26 mars que le pire de la crise économique se trouvait devant eux si les Etats membres ne parvenaient pas à coordonner leurs politiques économiques. Il devrait présenter son rapport le 9 mai, selon certaines sources.
Revue de presse
M. González, icône de l'intégration réussie de l’Espagne au sein de l’UE, est intervenu lors du dîner du 25 mars, au premier soir du sommet européen. Son discours a porté sur l’effort à apporter pour plus de cohérence à la stratégie Europe 2020 et sur des réflexions à long-terme (2020-2030), ont expliqué des diplomates à EurActiv.com.
Il a prévenu les dirigeants que l'Union européenne était dans une situation d'urgence en raison de la persistance de la crise économique et de ses effets sur la vie sociale et économique de l'Europe. Il a affirmé que la première priorité serait la croissance et la création d'emplois.
L'ancien premier ministre a insisté sur le fait que l'Union devait prendre en charge une situation où certains Etats membres n’avaient plus aucune marge de manœuvre.
M. González a conseillé aux dirigeants de lier les mesures anti-crise aux réformes structurelles à long et moyen terme. Il a également parlé des conséquences que pourraient engendrer l’inaction, avertissant que c'était la première fois que l'UE et les Etats-Unis pourraient s'engager dans un effort de sauvetage comprenant la mobilisation d'environ 20 à 30% de leur PIB.
La gouvernance européenne devrait représenter plus que le Pacte de stabilité et de croissance.
Les premiers ministres doivent prendre leurs responsabilités concernant la gouvernance économique, estime le président du groupe sur l’avenir de l’UE.
Coordonner la politique économique
Interrogé sur le principal message de M. González, le premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a dit que la principale idée présentée par le chef du groupe de réflexion sur la gouvernance économique était que le Conseil européen devrait exercer davantage de responsabilités dans les questions de politique économique.
En même temps, le rôle de la Commission devrait être maintenu, ce qui est de la plus haute importance selon les dires du premier ministre espagnol, en particulier concernant son droit d'initiative.
« L'équilibre entre les institutions, a-t-il ajouté, incombe au président du Conseil, un poste qui est continu, durable, et de niveau supérieur comparé à la responsabilité individuelle des chefs de gouvernement des pays. »
« Nous avançons déjà vers ce but avec Herman Van Rompuy en tant que président du Conseil », a dit le premier ministre espagnol.
La participation de M. González au sommet semble être la seconde tentative pour intégrer le travail secret du groupe de réflexion dans l'agenda de la présidence espagnole de l'UE. En janvier, M. Zapatero avait accueilli une rencontre de "sages" à Madrid. M. González, l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors et l'ancien commissaire espagnol Pedro Solbes étaient présents.
Contexte
Le Conseil européen du 14 décembre 2007 a décidé d'instaurer un groupe de réflexion de neuf personnes, sélectionnées à travers l'Union sur la base du mérite, la capacité à identifier les questions-clés auxquelles l'Union européenne est susceptible de faire face à l'avenir et comment elles peuvent être traitées.
L'ancien premier ministre espagnol Felipe González a été nommé président du groupe, alors que Vaira Vike-Freiberga, ancienne présidente de Lettonie et Jorma Ollila, ancien PDG de Nokia, ont été nommés vice-présidents. La président de Vigeo, Nicole Notat, représente la France.



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