En Bref :

  • Une libération controversée

Le processus qui a mené à la libération des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien des prisons libyennes a fait l’objet de nombreuses critiques des partis politiques européens, que ce soit le parti socialiste français ou le parti conservateur britannique.

« Les otages ont pu être libérés grâce à un accord qui permettra de fournir une assistance médicale aux enfants libyens ayant contracté le virus du sida. Quelques 230 millions de livres seront également versées à leur famille en guise de compensation », a déclaré le rapporteur pour la Bulgarie au Parlement européen, Geoffrey Van Orden, un britannique conservateur qui avait milité pour la libération des infirmières.

Geoffrey Van Orden a ajouté : « Je reste dubitatif quant à la mise en place de « liens plus étroits avec l’UE” proposés à un pays qui se conduit d’une telle manière. Quel message cela envoie-t-il? Ce sont les autorités libyennes dont le comportement a été affligeant, qui devraient verser une compensation financière aux infirmières bulgares. Nous ne devrions pas faire crédit à Khadafi de son opportunisme politique et du système judiciaire rétrograde de la Lybie”.

Cette libération a été rendue possible grâce à un accord conclu par la commissaire européenne chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner. 290 millions d’euros devront être versés à la Fondation Khadafi, dirigée par le fils du président de la Libye, Seif al-Islam.

L’argent doit être transféré à la Fondation internationale Benghazi pour aider les familles des enfants malades.
Il est destiné à compenser les douleurs et souffrances des familles des 483 enfants qui ont été infectés par le virus du sida à l’hôpital de Benghazi où travaillaient le médecin et les infirmières.

Selon les experts, le virus avait été contracté avant l’arrivée de ces derniers. Les infirmières affirment avoir plaidé coupables sous la pression de la torture.

Benita Ferrero-Waldner estime que la libération marque « un nouvelle page dans l’histoire des relations entre l’UE et la Libye ».

Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a déclaré que l’UE pouvait désormais commencer à normaliser ses relations commerciales et politiques avec la Libye. Il a ajouté que le marché européen pouvait s’ouvrir aux produits agricoles et halieutiques libyens. Enfin, Jose Manuel Barroso a annoncé la possibilité d’une coopération en matière d’archéologie, d’éducation et de santé pour les enfants de Libye infectés par le VIH.

  • Une visite afin de défendre les intérêts de la France

Le député européen, et ancien ministre français des Affaires étrangères, Pierre Moscovici, a critiqué le rôle joué par le couple présidentiel dans l’affaire de la Libye. Il accuse la « stratégie du coucou » de Nicolas et Cécila Sarkozy, dénonçant « cette manière de tout récupérer, de tout tirer à soi ».

Après Cécilia Sarkozy, Nicolas Sarkozy s’est rendu à Tripoli, mercredi 25 juillet, pour rencontrer le leader libyen. Cette visite, à laquelle a également été convié le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, se voulait le symbole d’un début de normalisation des rapports entre l’UE et la Libye. 

La veille, l’Elysée avait déclaré que « tous les domaines » seraient discutés. Si la version officielle avait fait part d’ « un déplacement politique pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations », les intérêts stratégiques de la France ont été débattus. En outre, la France et la Libye se sont accordées sur une “coopération nucléaire”. Nicolas Sarkozy a affirmé que cette coopération avait été rendue possible car la Lybie avait choisi “d’abandonner toute ambition d’avoir l’arme nucléaire” en 2003.

Un accord, signé d’ici “plusieurs mois, voire plusieurs années”, permettrait à la France d’installer un nouveau réacteur nucléaire en Libye. Le projet a été confié au constructeur français Areva, dont plusieurs ingénieurs étudient déjà la question sur place.

Pour les centrales nucléaires, il n’y a pas cinquante constructeurs en France, il n’y en a qu’un seul, Areva”, a déclaré le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. Cette nouvelle installation serait consacrée au dessalement d’eau de mer pour la production d’eau potable. “L’objectif, c’est de viser la fourniture à la Libye d’un réacteur nucléaire qui permette de répondre à un de ses besoins importants, c’est-à-dire la fourniture d’eau potable”, a ajouté Claude Guéant.

Cette rencontre fut aussi l’occasion pour le président français de réaffirmer son projet d’Union méditerranéenne. Selon Nicolas Sarkozy, le colonel Khadafi serait “très intéressé”.

Le président français est le premier chef d’Etat européen à se rendre à Tripoli depuis la libération des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien.