La Grande-Bretagne ratifiera le traité de Lisbonne par voie parlementaire au premier trimestre de l’année 2008 a indiqué le député britannique travailliste Stuart Bell, membre du conseil de surveillance de la Fondation pour l’innovation politique. Dans un entretien accordé à EurActiv.fr, il expose sa vision de l'avenir de l'UE et revient sur la vision européenne du premier ministre Gordon Brown.

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D’ici mars 2008 la Grande Bretagne devrait avoir ratifié le traité de Lisbonne, estime le député travailliste Stuart Bell dans une interview accordée à EurActiv France. « Le gouvernement britannique a indiqué à la population que le traité n’était pas une constitution mais avait bien pour but de réformer les institutions et qu’il n’y avait donc pas besoin d’un référendum », explique Stuart Bell.
La ratification se fera donc par voie parlementaire. Les débats « commenceront le 1er janvier, le vote aura lieu trois mois plus tard et ainsi la question de la ratification par la Grande Bretagne sera réglée ».
Selon le député travailliste, la pression de l’opposition britannique qui plaide pour un référendum sur le texte, à l’instar d’une majorité de la population, ne devraient pas faire bouger la ligne du premier ministre. « Le gouvernement a été très clair à ce sujet et s’il changeait son opinion maintenant cela serait très mauvais pour sa crédibilité », insiste Stuart Bell.
De plus, l’opposition britannique serait non seulement opposée au traité mais surtout « anti européenne ». « Le parti conservateur s’est mis dans une situation très difficile en indiquant que même si le traité était ratifié il reviendrait dessus s’il arrivait au pouvoir », estime le député.
Concernant l’euroscepticisme de Gordon Brown, Stuart Bell se veut optimiste. « Le premier ministre sait parfaitement bien que la politique internationale et étrangère britannique est basée sur l’amitié avec les Etats-Unis mais que la Grande Bretagne est surtout au cœur du processus européen », explique-t-il.
Critiquant l’attitude de Tony Blair, « qui avait de grandes ambitions européennes mais [dont] nous n’avons pas beaucoup vu les résultats », Stuart Bell estime que Gordon Brown n’en fera certainement « pas moins ».
En dehors de la zone euro, le Royaume Uni finira bien par y entrer, « tôt ou tard », dès lors que leur inflation sera maitrisée.
L’agenda de Lisbonne, c’est-à-dire « la création d’un espace économique libre à travers l’Union européenne », tout comme l’environnement, « un domaine dans lequel l’Europe peut vraiment jouer un rôle, l’énergie ou encore l’immigration figurent parmi les priorités de l’UE dans les années à venir, selon Stuart Bell. (Ces priorités sont détaillées dans un livre et également dans une étude publiée par la Fondation pour l’innovation politique (1)).
Revenant enfin sur l’Europe de la défense, priorité de la Présidence française de l’UE, le député britannique estime que l’étape importante dans le domaine de la défense européenne a été franchie en 1998 à Saint Malo, lorsque Tony Blair et Jacques Chirac ont accepté que la défense européenne soit maintenue sous l’égide de l’OTAN.
« La question qui se pose aujourd’hui en Europe est de savoir si nous voulons mettre en place un soft power ou un hard power », estime Stuart Bell. En d’autres termes, l’Europe doit-elle maintenir la paix ou disposer d’une force militaire active ? « A mon sens l’Europe ne doit pas développer une puissance militaire à proprement parler, car cela heurte l’OTAN et l’opinion publique ».
Lire l’entretien dans son intégralité
(1): Resserrer les liens entre l’Union et les Européens, Fondation pour l’Innovation Politique, Etude, par Sir Stuart Bell, Francis Mer, Frédéric Allemand :: jeudi 6 septembre 2007
An ever closer union, The forward march, Sir Stuart Bell, Spen View Publication, 2007, 196 pages, 11,99 euros




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