Développements récents et prochaines étapes :

  • 7 février 2007 : Nicolas Sarkozy en campagne lance l’idée d’une Union méditerranéenne
  • 23 octobre  2007 : Au Maroc, Nicolas Sarkozy précise son projet
  • 9 juin : rencontre entre N. Sarkozy et A. Merkel
  • juin 2008 : Conférence des chefs d’Etats riverains de la Méditerranée à Marseille
  • 1er juillet 2008 : Début de la Présidence française de l’UE
  • 13 juillet 2008 : Sommet « Union méditerranée » à Paris, avec les Etats concernés

En bref :

Le chef de l’Etat français et la chancelière allemande ont reporté leur rencontre prévue pour le lundi 3 mars, en Bavière, au mois de juin prochain, à Straubing.

Selon l’Elysée, cette modification est simplement due à l’agenda trop « chargé » du Président.

Ce changement de programme a été néanmoins lu, notamment par le quotidien Allemand die Welt, à la lumière des rumeurs de tensions entre les deux dirigeants européens, et plus précisément, des divergences qui séparent Nicolas Sarkozy et Angela Merkel européens sur l’Union de la méditerranée.

Ce projet, cher à Nicolas Sarkozy depuis la campagne présidentielle, suscite la méfiance de ses partenaires européens, et en particulier de l’Allemagne.

Cette union réunirait les Etats riverains de la mer méditerranée : 7 membres de l’Union européenne, les pays d’Afrique du nord, ainsi qu’Israël, et certains Etats arabes.

Les pays européens peu favorables à ce projet, comme l’Allemagne, craignent une superposition des mécanismes de coopération existant déjà entre l’UE et cette région, notamment avec le processus de Barcelone, et une coopération à deux vitesses, impliquant seulement certains Etats de l’UE dans certains cas, et l’UE dans son ensemble dans d’autres cas. (lire EurActiv 8.11.07).

Malgré les précisions qui ont été faites depuis l’élection de N. Sarkozy, de nombreuses zones d’ombres demeurent sur cette idée de nouvelle « union », dont la dénomination même sème le trouble.

L’analyse dressée par Ferdinando Riccardi pour l’Agence Europe, met en exergue différents éléments susceptibles de poser problème.

D’un point de vue pratique et technique, l’éditorialiste remarque qu’il sera difficile de mener à bien ce projet d’union, étant donné que les compétences en matière de libre circulation des capitaux, des personnes, des biens, ainsi qu’en matière de politique commerciale commune relèvent de la Communauté européenne.

Dans ces domaines, des moyens devront être déterminés pour que seulement certains Etats membres, établissent des accords avec des pays tiers, dans le cadre d’une autre union, sans pour autant entraver le fonctionnement de la Communauté.

L’éditorialiste indique, entre autres, que le scepticisme que ce projet éveille en Europe est aussi partagé par la plupart des Etats tiers de la Méditerranée, tels que la Turquie, le Maroc, ou l’Algérie. Ils sont en effet nombreux à préférer les relations particulières et spécifiques qui les lient chacun à la Communauté depuis de nombreuses années, plutôt qu’un alignement avec le reste des Etats méditerranéens.

Alors que la plupart des Etats doutent encore de l’opportunité d’un tel projet, le sommet « Union méditerranéenne » qui réunira tous les Etats concernés, a été confirmé pour le 13 juillet à Paris.