En pleine crise alimentaire mondiale, le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a proposé, à l’occasion du Conseil des ministres européens de l’Agriculture, une initiative européenne d’urgence pour la sécurité alimentaire.

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La renégociation de l'Accord sur les marchés publics (AMP)
Sans préciser le contenu exact de l’initiative, le ministre français entend préserver la « puissance agricole forte » de l’Union européenne face à une augmentation catastrophique du prix des denrées alimentaires, notamment en Afrique. L’UE a pour le moment répondu à l’inflation des prix agricoles en débloquant 160 millions d’euros pour l’aide alimentaire et promis « un examen futur de la situation ».
Michel Barnier a demandé quant à lui à l’UE de réorienter les aides au développement et à la coopération vers l’agriculture, afin de faire profiter les pays les plus pauvres de l’expertise agricole communautaire.
Ces annonces françaises interviennent dans un contexte de négociations tendues à l’OMC, qui pourrait réformer en profondeur la PAC.
Soucieuse d’aider les pays pauvres touchés par la crise, la Grande-Bretagne a indiqué que l’exercice initié par la France “ne [devait] pas consister à résister à la réforme de la PAC ou à faire pression en faveur d’une politique plus protectionniste”.
La France étant la première puissance agricole européenne, sa réticence à voir les textes de la PAC mis en conformité avec les règles de l’OMC est souvent perçue par ses partenaires européens comme une volonté de préserver ses intérêts nationaux.
Le 18 février dernier, M. Barnier s’en était ainsi violemment pris aux négociations agricoles de l’OMC, les qualifiant d’ « inacceptables », lors d’un Conseil des ministres européens informel.
La France entend lancer dès sa présidence de l’UE, au second semestre 2008, une discussion sur la place de l’agriculture dans la politique européenne, en vue du débat difficile à venir sur le budget alloué à cette politique après 2013.
La PAC doit en effet être réformée d’ici 2013, selon le calendrier prévu dans le cadre des négociations commerciales multilatérales de l’OMC.
Où en sont les négociations à l’OMC?
Après d’interminables blocages sur les négociations commerciales en matière agricole, le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy a annoncé, le 8 avril, la tenue d’une conférence ministérielle mi-mai 2008.
Même si rien n’est confirmé, des compromis techniques en matière de réduction des subventions agricoles et d’accès au marché sont à l’étude.
En effet, le président du Comité de négociation agricole de l’OMC, Crawford Falconer, a reconnu les progrès réalisés notamment sur les produits dits sensibles et la réduction des droits de douane.
Les derniers compromis agricoles sont donc techniquement à maturité et feront l’objet d’une dernière discussion lors de la réunion du comité de négociation agricole, mardi 15 avril. Cette discussion devrait entériner la troisième et ultime version, qui sera présentée lors de la conférence ministérielle prévue à la mi-mai.
L’OMC prévoit notamment que les pays en développement (PED), qui sont particulièrement touchés par la crise alimentaire mondiale, puissent maintenir des droits de douane agricoles élevés pour protéger leurs productions agricoles internes. Selon le texte de M. Falconer, des tarifs douaniers s’échelonnant entre 6 et 8% pourront être actionnés par les PED pour protéger les produits dits sensibles.
Cependant, les partenaires européens estiment que ces mesures sont lacunaires. En effet, selon eux, le maintien d’une demande croissante et d’une offre très réduite doit être combattue sur un échéancier plus long et prendre en compte notamment une évolution de la demande alimentaire des céréales vers de nouveaux produits comme la viande, qui déstabilise les échanges commerciaux.




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