« Cela peut surprendre, mais je ne pense pas qu’il y ait de telles différences entre la troika, dès lors que les priorités sont claires », estime le secrétaire d’Etat à l’agriculture tchèque, Ivo Hlavac. Le programme commun des trois présidences devrait être présenté dans les prochains jours, au début de la Présidence française de l’UE, qui démarre le 1er juillet. Un document a cependant déjà été examiné par le Conseil affaires générales et relations extérieures, le 16 juin. (EurActiv.fr 13/06/08)
Le bilan de santé présenté par la Commission européenne fait l’objet de débats depuis le mois de mai. La France devrait présenter de grandes orientations sur la réforme de la PAC lors de la réunion informelle du Conseil des ministres de l’agriculture à Annecy les 22 et 23 septembre prochains.
Des divergences existent entre les trois pays sur le bilan de santé de la PAC, actuellement en discussion, notamment sur les modalités de mise en œuvre de celle-ci. « La France souhaite le maintien du budget avec quelques réformes structurelles, la République tchèque préfère quant à elle réduire le budget pour les aides directes »afin de les transférer au fonds de développement rural. La Suède souhaite soit limiter le budget dans son ensemble, soit réduire les paiements directs », explique Ivo Hlavac.
Il estime cependant qu’un accord sur ce dossier doit être trouvé d’ici la fin de la Présidence française de l’UE. « Nous fournirons un effort commun pour finaliser un texte d’ici la fin de l’année », affirme le secrétaire d’Etat.
Selon Ivo Hlavac, « le bilan de santé est un ajustement nécessaire pour libéraliser la PAC, la rendre plus flexible, plus ouverte, et plus à même de refléter les signaux du marché aux agriculteurs. »
2013 a été choisie comme date butoir pour rendre la PAC compatible avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce. Or les négociations sur les perspectives financières post 2013, et donc par voie de conséquence, sur la réforme de la PAC, seront entamées sous Présidence tchèque, au premier semestre 2009.
La poursuite du découplage total des subventions agricoles
M. Hlavac, se félicite que l’exécutif européen poursuive l’objectif du découplage total des subventions et la disparition progressive des quotas, notamment dans le secteur du lait d’ici 2015.
Il s’inquiète pourtant du plafonnement des subventions pour les grandes exploitations agricoles, qui de facto lèsent certains Etats membres, étant donné l’extrême disparité des surfaces agricoles dans l’UE.
« Le prochain débat sur la PAC portera sur la production européenne, sa qualité, et sur les moyens de protéger le marché intérieur, non pas en imposant des barrières, mais en le sécurisant », explique le ministre.
Si le marché agricole européen doit être plus libéralisé, le secrétaire d’Etat tchèque à l’agriculture, plaide toutefois pour le maintien de garanties de qualité aux consommateurs et de garanties suffisantes à destination des producteurs lésés par des exportations de pays tiers.
Une politique climatique déraisonnable
Fixé à l’occasion du conseil européen de mars 2007, l’objectif de 10 % de biocarburants est à présent contesté de toutes parts. Accusés d’aggraver la crise alimentaire, les bio ou agro carburants sont même mis en cause du côté de la Commission et du Parlement européen.
« Nous ne nous opposerons pas à l’objectif de 10% de biocarburants ni à celui de 20% de renouvelables d’ici 2020, mais nous ne pensons pas que cette politique soit raisonnable », estime M. Hlavac. La République tchèque a toujours montré des réticences sur les objectifs contraignants sur le climat, craignant que ceux-ci ne puissent avoir des conséquences négatives pour la compétitivité de ses entreprises.
« Les énergies renouvelables sont une solution localement mais ne peuvent résoudre les problèmes de l’UE dans le domaine énergétique et environnemental. Le nucléaire est pertinent si l’on se place dans une perspective globale », ajoute le secrétaire d’Etat.
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"Les plate-formes d'enchères se compteront sur les doigts d'une main"
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