D’après le sondage RedC mené pour le think tank eurosceptique irlandais Open Europe, 71% des personnes interrogées ont indiqué qu’elles ne souhaitaient pas revoter sur le traité de Llisbonne. Seuls 24% ont déclaré être en faveur d’un nouveau référendum.

Dans l’éventualité d’un second vote sur le traité, qui vise à restructurer les institutions et les procédures de décisions de l’UE, 62% des sondés ont affirmé qu’ils voteraient non, contre 34% de oui. 

Les Irlandais ont rejeté le texte, le 12 juin dernier, à 53,4%. (EurActiv.fr 13/06/08). D’après les nouveaux chiffres, le camp du « non » aurait encore progressé de 6%, atteignant une avance considérable de 24 points en cas de second référendum.

Les parlements de dix-sept Etats membres de l’UE ont déjà ratifié le texte. L’Irlande est le seul pays à l’avoir rejeté. Le traité de Lisbonne doit être approuvé par tous les pays pour entrer en vigueur. 

Les dirigeants européens ont maintenu la pression sur les Irlandais afin qu’ils proposent des solutions d’ici le prochain Conseil européen d’octobre. Le président français, Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a toutefois envisagé la possibilité que ces solutions soient présentées en décembre. Dublin ayant clairement fait comprendre avoir besoin de plus de temps. 

D’après le sondage commandé par Open Europe, 67% des Irlandais estiment que les hommes politiques européens ne respectent pas le « non » irlandais. Par ailleurs, 61% sont opposés à l’idée selon laquelle l’Irlande devrait soutenir elle aussi le traité en cas de ratification par les 26 autres Etats membres de l’UE. 

Nicolas Sarkozy avait suscité l’indignation en Irlande avant sa récente visite à Dublin. Il aurait en effet affirmé qu’il n’y avait pas d’autre solution que d’organiser un second référendum (EurActiv.fr 16/07/08). Des propos sur lesquels le président français est revenu depuis, tout en soulignant que les Irlandais devraient donner leur avis « un jour ou l’autre». (EurActiv.fr 22/07/08)

Neil O’Brien, directeur d’Open Europe, a affirmé que les dirigeants européens essayaient de forcer l’Irlande à revoter. Il s’agit selon lui d’un jeu très dangereux, qui pourrait voir la carrière politique de Brian Cowen remise en question. En effet, selon le sondage, 53% des Irlandais seraient moins disposés à réélire leur premier ministre, Brian Cowen, si ce dernier organisait un autre référendum.

En cherchant à intimider les votants, les politiques européens consolident sensiblement le camp du « non », a-t-il ajouté.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Micheál Martin, a critiqué les résultats du sondage, accusant le think tank d’interférer de l’extérieur sur le débat national. Il estime en effet que son pays n’a rien à apprendre d’un groupe eurosceptique comme Open Europe. Le gouvernement mène actuellement sa propre étude sur les raisons du « non » avant de décider de la suite à adopter. 

*Le sondage a été mené par téléphone entre les 21 et 23 juillet sur un échantillon de 1006 individus âgés de 18 ans et plus.