Réunis à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement des vingt-sept tenteront de prendre une décision unanime concernant la crise du Caucase. Tbilissi réclame un message clair et ferme.

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L'UE analyse les conséquences du conflit Russie-GéorgieL'Express
Londres et Berlin s'interrogent sur les relations avec la RussieFrance Info
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Conseil européen extraordinaire sur la Géorgie le 1er septembre
Ouverture d’un sommet décisif, lundi 1er septembre à Bruxelles. Les chefs d’Etat et de gouvernement auront pour difficile mission de trouver une position commune sur le conflit qui oppose la Géorgie à la Russie depuis plusieurs semaines. Vendredi 29 août à Paris, l’ambassadeur de Géorgie en France, Mamuka Kudava, a appelé les Européens à parler d’une seule voix à l’issue de cette réunion.
Une perspective tout sauf évidente. Deux conceptions s’opposent en effet en Europe. Les anciens pays du bloc soviétique, le Royaume-Uni et la Suède sont partisans de sanctions fermes contre la Russie, alors que les pays de la «Vieille Europe» sont plus modérés. La France, qui préside le sommet de Bruxelles, a déjà prévenu que les sanctions ne seraient pas à l’ordre du jour le 1er septembre.
Après avoir exprimé sa reconnaissance envers «Nicolas Sarkozy et la Présidence française de l’UE», l’ambassadeur géorgien a prévenu: «Pour l’Europe, ce sommet sera l’heure de vérité. Ou bien l’Europe répond d’une seule voix, en envoyant un message ferme et clair à la Russie, ou bien on va vers un durcissement de la politique russe dans la région.»
Parmi les sanctions envisagées contre la Russie, il a notamment évoqué la possibilité de suspendre l’accord de coopération UE-Russie et l’interdiction aux personnalités russes impliquées dans des massacres de populations d’entrer sur le territoire européen. Mais la Géorgie attend aussi de l’UE qu’elle mette en place une «mission PESC» (Politique européenne de sécurité et de défense) à des fins d’observation et de maintien de la paix, avant d’aider à la reconstruction des zones sinistrées.
Moyens de communications détruits, liaisons électriques coupées, lignes de chemin de fer endommagées, destruction de parcs naturels, de routes et d’usines: Mamuka Kudava a fait une description apocalyptique des zones de combat. Il a également dénoncé des «nettoyages ethniques prémédités et bien préparés» par des milices et des troupes russes présentes en Ossétie du Sud: «Aucun citoyen d’origine géorgienne ne peut rester sur place», a-t-il expliqué.
Il a par ailleurs refusé de faire le moindre lien entre la situation du Kosovo, qui avait déclaré unilatéralement son indépendance en février 2008, et celle de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Et l’ambassadeur d’énumérer ce qui fait, selon lui, la différence: contrairement au cas kosovar, aucune force internationale n’est présente en Ossétie du sud et les referendums menés en Ossétie et en Abkhazie ne sont pas, selon la Géorgie, représentatifs de l’opinon réelle de la population de ces régions. De plus, les menaces contre les Albanais au Kosovo ne sauraient en rien être comparables aux «nettoyages ethniques» menés contres les Ossètes et les Abkhazes.
De son côté, le président russe a expliqué, dimanche 31 août, que la décision de son pays de reconnaître l’indépendance de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie était «irrévocable». Il s’est également dit prêt à apporter une aide «économique, sociale, humanitaire et militaire» aux deux régions. Laissant entendre qu’il ne se laisserait pas intimider par les menaces de sanctions européennes, il a précisé: «Chacun devrait comprendre que dans l’hypothèse d’une agression, il y aura une riposte.»
Près d’un mois après le début des opérations, la Russie et la Géorgie s’accusent toujours mutuellement d’avoir provoqué le conflit. Pourtant, à en croire l’hebdomadaire allemand Der Spiegel du 30 août, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) aurait émis des rapports pointant du doigt la responsabilité de la Géorgie dans la crise caucasienne. Dans la journée de samedi, l’OSCE a toutefois démenti l’information.



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