Alors que les inquiétudes au sujet de la présidence tchèque de l’UE s’intensifient à Bruxelles, certains observateurs minimisent les craintes en indiquant que le programme de l’UE dépend de plus en plus des agendas établis par les« trios de présidences ». EurActiv République tchèque a contribué à cet article depuis Prague.
Les programmes des présidence tournantes de l’UE sont désormais considérés comme un effort collectif émanant d’un « trio de présidences », dans lequel au moins un pays fait partie du groupe des «anciens » Etats membres de l’UE.
Le trio actuel est composé de la France (qui occupe actuellement la présidence), de la République tchèque (qui succèdera à la France en janvier 2009) et de la Suède (qui sera à la tête de l’UE à partir du deuxième semestre 2009). Les trois pays ont présenté leur programme de dix-huit mois en juin 2008.
Le prochain « trio », qui doit entamer ses travaux en janvier 2010, comprend l’Espagne, la Belgique et la Hongrie.
Programme commun ne signifie pas que les Etats membres du trio n’ont aucune marge de manœuvre. Chaque pays peut inclure des priorités spécifiques dans son calendrier de travail, mais le Conseil cherche à éviter une situation dans laquelle un pays du Nord mettrait en avant des priorités spécifiques à sa région avant qu’un pays du Sud ne lui succède avec un agenda sensiblement différent. Le programme du trio permet en outre théoriquement la mise en place d’une vision à plus long terme.
Les Tchèques doivent encore dévoiler leur programme
Des doutes subsistent quant à la capacité de la République tchèque à prendre en charge cette tâche difficile. Le gouvernement est en effet ressorti affaibli d’une récente défaite électorale (EurActiv.com 27/10/08) ; quant au président eurosceptique, Vaclav Klaus, il s’exprime et agit en opposition avec les politiques européennes dominantes (EurActiv.fr 13/11/08).
Prague doit encore dévoiler le programme de sa présidence. Si un document de 32 pages traitant des priorités sectorielles de la Présidence tchèque de l’UE a été publié en tchèque sur le site Internet du gouvernement, aucune traduction n’est encore disponible. Le document est daté de juillet 2008.
A ce stade toutefois, les responsables européens ne souhaitent pas dramatiser la situation. Selon une source du Conseil, on suppose d’ailleurs que la République tchèque, comme tout autre pays, ne rédigera pas son programme sur une page blanche, mais qu’elle fera le point sur le programme du trio de présidences.
Alexandr Vondra, vice-Premier ministre tchèque et ministre des Affaires européennes, a récemment indiqué que le programme final serait publié en décembre. D’après un responsable du Conseil, un ministre tchèque se rendra à Bruxelles avec le programme avant la fin décembre.
Des sources diplomatiques de l’UE ont indiqué qu’avant de présenter leurs priorités, les décideurs tchèques attendaient le résultat des négociations sur le paquet relatif au changement climatique.
Peut-être plus important encore, Prague souhaite également connaître le contenu des propositions du premier ministre irlandais, Brian Cowen, sur la suite à donner à l’échec du référendum de son pays sur le traité de Lisbonne. M. Cowen devrait présenter ses conclusions lors du sommet européen des 11 et 12 décembre.
La Belgique est déjà en quête d’idées
Même si la présidence belge n’interviendra pas avant le second semestre 2010, le pays hôte des institutions européennes a déjà ouvert un site Internet interactif invitant les citoyens à contribuer à la réflexion en répondant à des questions simples telles que « Qu’est-ce que l’Europe peut faire pour vous ? ». Le site Internet indique clairement que la Belgique unira ses forces à celles de l’Espagne et de la Hongrie afin d’aboutir à un programme conjoint qui couvrira une période de 18 mois.
CONTEXTE :
Au printemps 2006, les pays de l’UE ont décidé d’opter pour un programme de 18 mois. Le premier programme de ce type a été présenté conjointement par l’Allemagne, le Portugal et la Slovénie. Le trio qui a suivi est composé de la France, actuellement à la tête de l’UE, de la République tchèque et de la Suède. Leur programme commun couvre la période allant de juillet 2008 à décembre 2009.
La Slovénie était le premier petit pays d’Europe centrale à occuper la présidence de l’UE, et ses diplomates ont admis que le pays avait tiré profit de ce statut. Dans l’ensemble, l’UE a également bénéficié de la coordination et de la cohérence d’un programme de 18 mois.
Le terme de « trio de présidences » ne doit pas être confondu avec celui de « troïka de l’UE », qui représente l’UE dans ses relations extérieures et dépend ainsi de la politique étrangère et de sécurité commune. Depuis la signature du traité d’Amsterdam, font partie de la troïka :
- le ministre des Affaires étrangère du pays qui occupe la présidence de l’UE ;
- le secrétaire général du Conseil de l’UE, qui est également haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune ;
- le commissaire de l’UE chargé des Relations extérieures et de la politique de voisinage européenne.
Le pays occupant la présidence peut également être aidé, si nécessaire, par des représentants des présidences suivantes



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