Pour le ministre de la Défense, le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN se justifie par son impact positif sur la défense européenne.
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La France a notifié à l'Otan son retour dans le commandement militaireInstitut Thomas More
entretien exclusif avec le ministre de la Défense Hervé Morin
Le ministre de la Défense, Hervé Morin a exposé « l’architecture » qui existe, selon lui, entre la défense européenne et l’OTAN, à l’occasion d’un petit déjeuner organisé par l’institut Thomas More à Paris, mardi 24 mars.
« Les Français poussent la politique de défense dans la perspective d’affaiblir l’Alliance atlantique nord », a déclaré le ministre. Cependant, notre « perception de la politique de sécurité et de défense (PESD) est purement française et n’est pas celle des Européens », a-t-il estimé. Les autres pays de l’UE « sont attachés à l’Alliance atlantique qui assure le partenariat pour la paix », a-t-il poursuivi.
La réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN envoie donc « un message d’une autre portée » aux Etats de l’UE. Celui de la fin de notre « hostilité » à l’OTAN, a-t-il indiqué. « Le président de la République a compris qu’il fallait lever l’ambiguïté », a ajouté le ministre.
D’autant plus, selon M. Morin que « la défense européenne est complémentaire de l’OTAN ». Cette décision permettra même « de faire avancer la défense européenne », a déclaré le ministre. Il mise donc sur l’impact de la décision française vis-à-vis de nos partenaires européens. A la suite de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, ils seront, semble-t-il, plus enclin à avancer sur le dossier de la défense européenne.
Le retour dans le commandement intégré de l’Alliance atlantique se justifie aussi par la perspective qu’elle offre de « peser sur les décisions », selon le ministre. « Si on est pas dedans (le commandement intégré, ndlr) on a aucune influence », a-t-il revendiqué. La France, qui fait déjà partie de l’OTAN, « était actrice sans pouvoir écrire le scénario », a-t-il analysé.
Or, « on ne peut pas s’opposer aux américains » sans montrer, en réintégrant, qu’on « n’est pas hostile » à l’Alliance atlantique Nord, a conclu le ministre, laissant ainsi penser que seules les apparences ont changé.
Il constate, qu’aujourd’hui « les Européens ne donnent plus d’argent pour la PESD (politique européenne de sécurité et de défense, ndlr) ». « A part la France et le Royaume-Uni, tout le monde a presque démissionné », a-t-il estimé. Or le renforcement de la défense de l’UE doit rester d’actualité. « C’est parce que les Européens consacreront davantage d’argent à la défense européenne que l’on sera d’autant pus crédible » au niveau de l’OTAN.
Et la « crédibilité » de l’Europe en temps que telle est mise à mal par ses alliés, selon le ministre. « Pour les Etats-Unis, le lien transatlantique n’est plus la priorité », a-t-il indiqué. « Je pense qu’à terme pour les européens la question n’est pas celle de l’indépendance » vise à vis des américains, « mais de maintenir un lien avec eux ».
POSITIONS:
« Les deux ambitions atlantistes et européennes sont incompatibles » pour le professeur Markus Kerber, de la Technische Universität de Berlin. Il « voit mal comment » concilier la participation à l’OTAN et « travailler à une politique européenne de défense ». « C’est un pari difficile » que prend le gouvernement français pour le professeur. Pour lui, les Etats-Unis, « ont intérêt à nous voir désunis ».
Le général Jean Heinrich, aujourd’hui président du Comité de surveillance du groupe Géos, a estimé que son expérience lui avait montré que « l’OTAN, se sont les américains, les autres sont tous des supplétifs ». « Pour changer les choses le travail est colossal », a-t-il déclaré. Et il a indiqué « douter » du succès de la France dans cette tâche.
CONTEXTE:
La France a été l’un des pays fondateurs de l’OTAN en 1949. Pourtant en 1966 le général de Gaulle décide de la sortie du pays du commandement militaire intégré de l’OTAN. L’Hexagone reste toutefois membre de l’Alliance atlantique nord. Aujourd’hui la France est le quatrième contributeur financier de l’OTAN.
Depuis 2007, le président Nicolas Sarkozy souhaite le retour du pays dans ce commandement intégré. Le 11 mars 2009, il a indiqué « que le moment est venu » pour la France « de ne plus s’exclure elle-même ».
Mardi 16 mars, les députés ont voté pour la réintégration à 329 voix contre 238. Nicolas Sarkzoy a alors confirmé la volonté de la France dans une lettre adressée au secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer.
L’organisation devrait « conclure le processus de rénovation de la relation de la France avec l'OTAN » lors du sommet de Strasbourg-Kehl, les 3 et 4 avril, a annoncé Nicolas Sarkozy.



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