Les ténors des élections européennes reviennent sur les résultats du scrutin.
Le premier ministre François Fillon s’est réjoui du « très bon résultat de la majorité présidentielle ». Il souligne le caractère inédit du scrutin puisque « c’est la première fois depuis 1984 qu’un parti de la majorité présidentielle arrive en tête des élections européennes ».
Rachida Dati, élue sur la liste francilienne, a affirmé avoir pris « des engagements pour que l’Europe soit plus protectrice face à la crise. » « Tous les engagements, nous les tiendrons avec Michel Barnier », a-t-elle déclaré.
« Je comprends le message des Français », a indiqué Martine Aubry, secrétaire générale du PS. Elle a déclaré « prendre la mesure de la responsabilité du PS dans le score qui est le sien », concédant que «le PS a souffert de batailles internes et de divisions », et qu’il avait « besoin d’une profonde rénovation. » Elle a affirmé avoir entendu « le message fort sur la question environnementale » que les Français avaient envoyé, mais souhaite toutefois « la lier à la question sociale ».
Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, a estimé que l’UMP devait assumer des « responsabilités nouvelles importantes. » Le vote traduit, selon lui, la volonté des Français de montrer que « la présidence française de l’UE n’est pas une parenthèse. »
Bernard Lehideux, en deuxième position sur la liste MoDem en Ile de France ne remet pas en cause la ligne d’action du MoDem pendant la campagne, et interprète le résultat des élections comme étant « une protestation en faveur du sentiment écologique ». « Nous n’avons pas réussi à [incarner] un véritable choix politique pour les Français », a-t-il concédé.
Daniel Cohn-Bendit, député européen (Europe écologie), a expliqué la victoire du rassemblement écologique par « le programme pour l’Europe » qui avait été proposé. « Cette journée peut être un grand moment pour l’écologie politique si nous [parvenons à] continuer dans la dynamique de ce rassemblement », a-t-il affirmé. Avec 60 députés potentiels à Strasbourg, le député se félicite de voir que « les succès des verts en Europe […] dépassent tout ce qu’on espérait ».
Pour François Bayrou, chef du MoDem, « le résultat est une déception. » Avouant avoir une part de responsabilité dans l’issue du scrutin, il a concédé ne pas être « parvenu à faire passer le message. » Se référant à l’échange virulent avec Cohn-Bendit lors de l’émission « A vous de juger » du 7 juin, le leader du MoDem a avoué s’être « laissé entraîner dans une polémique excessive qui a troublé. »
« La participation aurait pu être bien meilleure », selon le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering. Préoccupé par le fort taux d’abstention, il a souhaité « que les politiques responsables et les médias veillent à ce que des rapports soient sans cesse faits sur le travail du Parlement européen. »
Martin Schulz, chef du PSE, a regretté « la triste soirée pour la démocratie sociale européenne ». « Profondément déçus », les membres du PSE espéraient « de meilleurs résultats ». Il ne souhaite toutefois pas tirer de généralités car « les résultats du PSE sont à analyser pays par pays. Ils n’ont rien à voir avec le travail du PSE », a-t-il affirmé.
A l’avenir, les socialistes européens devront selon lui se concentrer sur des priorités clés : « s’atteler à la règlementation des marchés financiers [et] protéger des forces déchaînées du marché. » Et de conclure : « Nous continuerons à nous battre pour faire peser l’Europe sociale. »
Graham Watson, député européen (ADLE), ne voit pas de changement majeur pour son parti : « Avec à peu près le même nombre de sièges, nous continuerons à être entre la gauche et la droite, et à déterminer l’avenir », a-t-il avancé. Selon lui, l’émergence d’un véritable débat européen ne pourra se concrétiser que si « tous les commissaires [sont] issus des rangs du Parlement et [si] les listes pour les européennes [sont] pan-européennes. »
Francis Wurtz, président de la Gauche unitaire européenne, s’est inquiété du « taux d’abstention [qui] traduit une crise de confiance des citoyens vis-à-vis de l’Europe ». « Le poids de la droite, des forces populistes doit également interpeller la gauche. » a-t-il ajouté. Il a également manifesté son désaccord à l’égard du Président du Parlement européen, Hans Gert Pöttering, qui oppose « ceux qui sont pour l’Europe et les autres ». Selon lui, « la question [du lien avec le citoyen] devra être posée à l’ensemble des forces politiques », et dépasse donc le clivage évoqué par le président du PE.
Jacques Barrot, commissaire européen (UMP/PPE-DE) en charge de la Justice, liberté et sécurité, explique la faible participation par le contexte dans lequel les élections se sont déroulées, « sur fond de crise, de problèmes nationaux, les gouvernements sont très secoués », a-t-il avancé. Reconnaissant la « poussée des extrêmes et de l’euroscepticisme », il évoque les malentendus qui continuent de saper la construction européenne: « Beaucoup pensent que l’Europe est une succursale de la mondialisation, alors que c’est un levier pour organiser cette mondialisation, pour l’humaniser. »
Pour réduire l’abstention, le commissaire propose d’harmoniser la date du scrutin européen, « pour qu’il y ait un espace public européen. » « Nous avons des élections européennes trop fragmentées et trop empruntes des vues nationales », a-t-il conclu.
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a « remercié tous les citoyens, qui ont exercé leur droit démocratique », assurant « qu’ils seront écoutés ». Conscient du travail qu’il reste à fournir pour convaincre les électeurs, il a rappelé que « l’Europe doit encore une fois démontrer aux électeurs qu’elle est capable de délivrer des résultats », notamment pour « surmonter la crise économique et financière » et soutenir « les citoyens confrontés au chômage. »
«Les chiffres sont sans appel», estime pour sa part l’eurodéputé sortant Jean-Marie Beaupuy, qui ne sera pas réélu, malgré sa présence en tête de la liste MoDem dans le Centre. «Ils plaident clairement en faveur de l’écologie. C’était mon programme depuis des années, mais la projection du film Home, quelques jours avant le scrutin, a joué en faveur des écologistes.»



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