Dans une analyse publiée par EurActiv.fr dans le cadre de son Livre jaune pour la prochaine mandature de la Commission européenne, l'Institut français du pétrole (IFP) insiste sur la nécessité pour l'UE d'investir dans le développement et le déploiement des technologies bas carbone.
L’urgence de conduire une transition énergétique vers un monde moins carboné est désormais indiscutable. Avec le paquet énergie-climat, l’Union européenne s’est fixée des rendez-vous en 2020 : gain de 20% en efficacité énergétique, introduction de 20% d’énergies renouvelables et réduction d’au moins 20% des émissions de CO2.
Pour atteindre ces objectifs, quatre voies sont à envisager :
- L’amélioration de l’efficacité énergétique qui permet, pour une même quantité d’énergie produite, de consommer moins de ressources fossiles et donc d’émettre moins de CO2. Cette voie, d’après l’Agence internationale de l’énergie, devrait pouvoir contribuer à hauteur de 45% à l’effort global.
- La décarbonisation du bouquet énergétique, notamment par le développement des renouvelables et l’utilisation accrue de la biomasse. L’utilisation des biocarburants fait aujourd’hui l’objet de controverses, du fait des incertitudes sur les bilans d’émissions de gaz à effet de serre (GES) des différentes filières de production et de la potentielle compétition, pour l’usage des sols, entre production alimentaire et production énergétique.
Les biocarburants de 2e génération (biomasse lignocellulosique), voire de 3e génération (huiles algales), seront à même de répondre à ces différents enjeux : leurs bilans d’émissions de GES sont en effet favorables et ils mobilisent par ailleurs des ressources en biomasses n’entrant pas directement en concurrence avec l’alimentation.
- La réduction des émissions du secteur du transport : Des efforts considérables ont été entrepris et se poursuivent pour réduire l’empreinte CO2 de ce secteur, qui dépend aujourd’hui à plus de 95% du pétrole. Cela passe par la mise au point de moteurs plus propres et économes, par l’allégement des véhicules et par l’électrification progressive des groupes motopropulseurs.
- Le déploiement du captage et du stockage de CO2 (CSC), lequel s’applique aux émissions industrielles concentrées (centrales électriques thermiques, industries de la sidérurgie, du ciment, du raffinage et de la pétrochimie, transformation de biomasse, etc.).
Si le CSC n’a pas la prétention de traiter à lui seul l’ensemble de l’équation énergie/climat, il peut cependant y contribuer significativement et représenter 20 % de l’effort global.
La stratégie européenne
L’Union européenne, avec l’adoption d’un plan stratégique pour les technologies énergétiques (SET-Plan), s’est engagée à accélérer la R&D dans le domaine des technologies bas-carbone : éolien, solaire, réseaux intelligents, nucléaire, CSC, et bioénergies.
Des financements, notamment dans le domaine du CSC, de l’éolien et des voitures vertes, sont d’ores et déjà intégrés aux plans de relance économiques européens. D’autres mécanismes de financements européens et nationaux sont en cours de discussion.
Décliner les décisions politiques en ambitions industrielles
D’ici la fin de l’année, le nouveau Parlement et la nouvelle Commission auront à œuvrer pour la mise en place de ces nouveaux mécanismes.
Au-delà, la lutte contre le changement climatique devra être l’une des priorités des négociations sur les perspectives budgétaires 2013-2020. L’Europe devra investir dans le développement et le déploiement des technologies bas carbone, l’adaptation au changement climatique et la coopération internationale, notamment avec les pays en voie de développement dont la contribution à l’effort mondial de réduction des émissions de CO2 est indispensable.
L’Europe a d’ores et déjà pris le leadership des négociations internationales sur le changement climatique en vue de la conférence de Copenhague. Il conviendra par la suite de décliner ses engagements politiques en ambitions industrielles qui permettront de déployer ces nouvelles technologies et de créer de la richesse et des emplois.
Olivier Appert, Président de l’Institut Français du Pétrole - IFP




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