L'Allemagne emboîte le pas à la France pour réchauffer les relations avec Ankara

  

Avant une visite officielle en Turquie, la chancelière allemande s'est dit favorable à l'ouverture d'un nouveau chapitre de négociation en vue de l'adhésion du pays à l'UE.

La porte n’est pas grande ouverte, mais elle n’est pas fermée non plus. En l’espace de deux semaines, des déclarations quasi-simultanées de Paris et Berlin donnent une once de relance au processus d’adhésion de la Turquie à l’UE. Confrontée à une coalition gouvernementale divisée sur le dossier turc, la chancelière entretient volontiers l’ambiguïté.

« Sceptique » sur l’entrée du pays dans l’Union, « j'ai accepté la poursuite des discussions d'adhésion », a souligné Angela Merkel dans son message vidéo traditionnel de fin de semaine, avant de rendre visite aux autorités turques les 24 et 25 février.

Elle s’est même dit favorable à l’ouverture d’un nouveau chapitre de négociation avec Ankara, qui doit embrasser 35 blocs de droit communautaire pour espérer rejoindre l’UE.

Les déclarations de Berlin convergent avec les inflexions données par Paris ces dernières semaines. Le 13 février, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a signifié que la France était prête à entamer des négociations sur la politique de cohésion, laquelle faisait partie des dossiers gelés par Paris.

Quatre chapitres font toujours l’objet d’un veto français : le développement rural et l’agriculture, la politique économique et monétaire, le budget européen et la représentation de la Turquie dans les institutions européennes.

Les blocages politiques exprimés sont aussi le reflet des opinions publiques sur l'arrivée de la Turquie dans l'UE. 60% des Allemands y sont hostiles. En France, cette propension est encore plus marquée, avec 84% d'avis défavorables, selon une étude de l'Ifop publiée fin 2012.

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