Les négociations budgétaires pour 2012 et 2013 au point mort

  

Le Parlement et les Etats membres sont incapables de trouver un accord sur le budget rectificatif 2012, bloquant de facto les discussions pour 2013. La Commission pourrait être obligée de revoir sa copie.

Après plusieurs heures d'échanges à huis clos, les députés ont fini par claquer la porte des négociations. "La différence entre les positions du Conseil et du Parlement sont trop importantes pour continuer les discussions dans la nuit" a déclaré le président de la commission budget, Alain Lamassoure (UMP), vendredi 9 novembre en fin d'après-midi. 

Parlementaires et Etats membres se déchirent depuis plusieurs semaines sur le budget 2013 de l'UE mais aussi sur les ajustements pour 2012. Jusqu'à présent, aucun compromis n'a pu être dégagé. 

Reporter des paiements

La Commission européenne réclame une rallonge de neuf milliards d'euros pour honorer ses engagements en 2012 et pour combler des déficits de financement dans les domaines de l'éducation, des infrastructures, de l'emploi et de la recherche.  

Les pays refusent de mettre la main à la poche en ces temps d'austérité, alors qu'ils s'étaient eux-mêmes engagés à fournir ces paiements l'année dernière. Le Parlement craint que les Etats cherchent à reporter certaines dépenses sur l'exercice budgétaire de l'année prochaine, repoussant ainsi le problème et amputant encore un peu plus les capacités d'action de l'Union.

Jusqu'à mardi minuit

Dans ce contexte, discuter du budget pour 2013 relève de l'impossible. La Commission et le Parlement réclament une hausse de 6,8% par rapport à 2012, une progression largement supérieure à l'inflation. 

La plupart des pays veulent limiter l'augmentation à 2,8% et ont identifié dans les cinq milliards d'euros d'économies à réaliser dans les aides régionales et les dépenses extérieures. 

Les négociateurs ont jusqu'à demain minuit pour parvenir à un compromis. 

En cas d'échec, l'exécutif européen devra présenter de nouvelles propositions pour le budget 2013.  

Faute d'accord d'ici la fin de l'année, le budget devra être divisé en 12 parts égales et réparti mensuellement, ce qui causerait bien des perturbations dans des secteurs tels que la politique régionale. 

Ces difficultés actuelles ne présagent rien de bon pour le sommet des 22 et 23 novembre consacré aux perspectives budgétaires de l'UE pour la période 2014-2020. 

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