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Les relations entre Bruxelles et la Roumanie en passe de se détendre

Après la crise ouverte à l’été 2012, la Commission européenne estime que Bucarest a fait des progrès pour respecter les règles de droit.

Le rapport est court. Seulement une dizaine de pages, mais le changement de ton est saisissant quand il est mis en perspective avec les déclarations de juillet 2012 du président de la Commission européenne. José Manuel Barroso considérait alors que la Roumanie avait « ébranlé la confiance de l’UE ».

José Manuel Barroso : la Roumanie a ébranlé la confiance de l’UE

A l’époque, la lutte de pouvoir entre le Premier ministre socialiste et le président de la République conservateur avait mené les deux camps à bafouer les règles démocratiques.

Six mois plus tard, l’exécutif européen estime que la Roumanie a mis en place plusieurs recommandations réclamées à l’époque. Elles visaient la restauration de l’Etat de droit.

Cette embellie est à prendre avec des pincettes. Les services de la Commission ont dans le même temps précisé que les points les plus ardus n’étaient toujours pas mis en œuvre, à savoir l’indépendance de la justice et son intégrité.

« La Commission a reçu de nombreux rapports d’intimidation ou de harcèlement de personnes qui travaillent dans d’importantes institutions judiciaires ou de lutte contre la corruption, notamment des menaces personnelles à l’égard de juges et de leur famille et des campagnes médiatiques synonymes de harcèlement », peut-on lire dans le rapport.

Campagnes publiques orchestrées par les médias

L’exécutif européen a également mis en garde contre des campagnes publiques orchestrées par des propriétaires de médias qui les utilisent pour mener des guerres personnelles ou soutenir le gouvernement en échange d’autres avantages.

Le rapport souligne également l’inefficacité de l’Agence nationale pour l’intégrité. Malgré une enquête accablante, trois ministres du gouvernement actuel ont gardé leur poste, tout en faisait une procédure judiciaire :

  • le vice-premier ministre Liviu Dragnea accusé de fraude électorale éventuelle lors du référendum de juillet 2012 ;
  • le ministre des transports Relu Fenechiu a été accusé en juin 2012 par la Direction nationale anticorruption de complicité d’abus de pouvoir à l’encontre d’intérêts publics ;
  • le ministre du commerce et de l’industrie, Varujan Vosganian, serait le troisième ministre à faire l’objet d’une enquête de DIICOT, l’agence roumaine qui lutte contre le crime organisé et le terrorisme.

La Commission a invité le Parlement roumain à adopter des procédures plus claires sur la gestion des affaires concernant des députés qui font l’objet d’allégations de corruption ou de conflits d’intérêts.

Au début du mois, les députés roumains ont fait l’inverse et ont voté de nouvelles règles concernant la levée de leur propre immunité. Elles rendent la procédure plus difficile, ce que ne précise pas la Commission dans son rapport.

Le Parlement roumain entrave la lutte contre la corruption

Le rapport reste ainsi très diplomatique et espère que l’élection récente d’un nouveau parlement et la nomination d’un nouveau gouvernement « donneront l’occasion de satisfaire pleinement et rapidement à ces recommandations ».

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