Institutions
L’Europe de la défense se fera en 2013… ou ne se fera pas
Par Hadrien-Laurent Goffinet assistant junior à l'institut d'études de sécurité de l'Union européenne
Comme l’ont rappelé les dernières conclusions du Conseil européen de la mi-décembre, 2013 devrait être l’année de la relance pour l’Europe de la défense. Cette relance prend des allures de dernière chance tant les défis à relever sont récurrents, nombreux et difficiles.
Les profonds bouleversements géostratégiques de 2012 et la redéfinition orientale des priorités stratégiques américaines se conjuguent aux difficultés financières et budgétaires internes pour rendre l’environnement duquel devrait émerger un soubresaut salutaire, particulièrement ardu.
L’ensemble de ces facteurs conjugués suffiront-ils à dépasser l’absence récurrente de volonté politique d’un accroissement de la coopération militaire européenne ?
2 millions de militaires, 60 000 hommes déployés
Depuis le lancement de la PESD en 1999, le développement capacitaire européen n’a jamais atteint les objectifs établis.
Des groupes spécialisés aux catalogues capacitaires, de la modification de la stratégie de sécurité en 2008 aux initiatives plus récentes de mutualisation et de partage (Pooling & Sharing) de l’Agence Européenne de Défense (AED), les progrès ont jusqu’à présent été limités, empêchant ainsi l’Union européenne (UE) d’assumer pleinement son rôle de fournisseur de sécurité sur la scène internationale.
Les chiffres sont pourtant inlassablement répétés : l’UE entretient près de deux millions de militaires et ne parvient à en déployer que près de 60 000 avec pourtant un budget combiné de près de deux cents milliards d’euros.
La reprise du sujet par le Conseil européen, qui n’avait plus abordé la question depuis 2008, apparait dès lors particulièrement propice même si le contexte institutionnel a profondément changé.
Ainsi, la révision de la stratégie européenne de sécurité et sa déclaration annexe sur le renouvellement des capacités de 2008 avaient été, à l’époque, le fruit d’une présidence française particulièrement engagée sur le sujet.
La cohérence promise par l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne devra donc faire ses preuves cette fois dans la mesure où l’initiative et la coordination diplomatique reviendront à la Commission, à la Haute Représentante et au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.
Alors que l’ensemble des paramètres invite à un accroissement de la coopération militaire, l’échelon européen semble quelque peu délaissé au profit d’initiatives multinationales fragmentées, comme le regroupement en clusters subrégionales.
Légitimité
L’UE dispose pourtant d’une certaine légitimité, qu’elle tire de son projet politique, et qui nécessite la mobilisation et le déploiement de telles structures de coopération. De plus, l’UE dispose de mesures juridiques adéquates à la coordination de ces formes de collaboration militaires, comme la coopération structurée permanente prévue par le traité de Lisbonne.
Parallèlement, le secteur industriel de défense européen, censé appuyer technologiquement l’effort de rationalisation, traverse une crise conjoncturelle liée aux diminutions des budgets de défense des Etats membres.
Cet appauvrissement du marché domestique se couple à la crise structurelle liée à l’accroissement de la concurrence internationale dans la conquête des marchés étrangers. A nouveau, l’UE peut représenter un échelon d’action dans la mesure où celle-ci édicte désormais le cadre juridique et commerciale entourant l’industrie européenne de défense.
De la coopération militaire en matière de mutualisation et de partage aux dispositions institutionnelles, et des synergies en matière de financement de la recherche civilo-militaire à une politique industrielle de sécurité et de défense spécifiquement européenne, cette note traite des enjeux à venir en matière de défense européenne, car l’Europe de la défense se fera en 2013 ou ne se fera pas.
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Les opinions et points de vue exprimés reflètent la position de leur auteur ; ils ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne.

Réactions
SANCHEZ DanielClaude @SANCHOPAPY, 22 fév. 2013
L’Europe de la défense se fera en 2013...ou ne se fera pas http://t.co/S64F6eHlrf via @EurActivFR " ELLE SE FERA"NewropMag @NewropMag, 15 fév. 2013
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