"L'Amérique se tournera forcément vers l'Europe"

  

Dans un entretien accordé à la Fondation Robert Schuman, Justin Vaïsse, directeur de recherche à la Brookings Institution, évoque les enjeux de l'élection américaine, notamment sur les liens entre l'UE et les Etats-Unis.

Les élections américaines se tiendront le 6 novembre 2012 prochain. Pouvez-vous nous dire quels en sont les enjeux décisifs ? 

C’est une élection qui se joue sur la question du rôle, de la place et de la taille de l’Etat fédéral dans l’écono- mie et la société. Le dossier fiscal domine donc tous les autres, y compris des sujets cruciaux comme l’immi- gration ou même, paradoxe amusant, la réforme de la santé – il faut dire que ni Mitt Romney, qui avait passé une réforme semblable au «Obamacare» dans le Massachusetts en 2006, ni Obama, qui sait que sa réforme n’est pas très populaire, n’ont intérêt à trop y insister.

Il n’est pas jusqu’aux guerres culturelles, qui ont dominé les campagnes électorales américaines des années 1970 aux années 2000, qui n’aient reflué dans l’ordre des priorités. On parle bien d’avortement et de mariage gay, mais sans que ces sujets s’imposent sur le devant de la scène.

Il faut dire qu’avec un déficit budgétaire qui dépasse allégrement les 1 000 milliards de dollars chaque année depuis 2009, et une dette qui augmente sans cesse, la situation devient préoccupante – elle est pire que dans la moyenne de la zone euro.

Sans surprise, la campagne a donc tourné autour de la réduction du déficit et de la dette, de la relance de l’économie et de la création d’emplois (le taux officiel de chômage est descendu à 7,8%, mais ce chiffre cache en réalité une situation plus mauvaise), et elle a vu s’affronter deux cultures politiques quant au rôle de l’Etat.

Celle de Mitt Romney envisage un Etat modeste, qui s’efface pour laisser les forces vives des entrepreneurs redresser le pays. Celle de Barack Obama assigne à l’Etat un rôle de solidarité et surtout de restauration des infrastructures américaines (de l’éducation aux réseaux de transport et d’énergie) pour permettre à l’Amérique de redevenir compétitive dans le monde multipolaire). 

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