La dérégulation industrielle a abouti à une incapacité des Etats membres d'insuffler de l'innovation à moyen terme, déplore Sylvie Matelly, directrice de recherche à l’IRIS, dans un article pour Affaires-stratégiques.info.
Recherches
Institut de relations internationales et stratégiques
De la nécessité de repenser rapidement la politique industrielle européenne …Institut de relations internationales et stratégiques
L’Union européenne et le défi de la réduction des budgets de défense
Documents officiels
Commission européenne
DG entreprise et industrie - Innovation
Les années 1980 et 90 furent, en matière de politique économique, celle de la pensée unique. Un certain consensus s’était installé en réponse à la crise et à la montée d’un chômage de masse dans les pays industrialisés : il fallait libéraliser pour restaurer la compétitivité des entreprises, réduire les prix donc l’inflation (c’était la désinflation compétitive) et donc stimuler la consommation et la croissance. La fin de la guerre froide, interprétée par certains comme une fin de l’histoire et la victoire du système libéral, accentua encore le mouvement de dérégulation. Tous les secteurs d’activité furent progressivement réformés : la banque, la finance, l’énergie, les transports mais aussi l’industrie stratégique et de défense.
Longtemps accusée d’être une forteresse derrière laquelle les entreprises européennes étaient choyées et protégées par les Etats, l’Union européenne par la voie de sa Commission, adopta une position des plus orthodoxe : les aides d’Etats étaient très strictement encadrées, les politiques industrielles nationales proscrites, même la dépense publique et les déficits, parce que l’Euro, devaient être sous contrôle.
Quoique des plus dogmatiques, les arguments de la Commission se défendaient : les politiques industrielles et commerciales sont injustes car à la portée des pays les plus riches alors qu’elles portent atteintes et pénalisent les pays les plus pauvres. Elles n’incitent pas, qui plus est, les entreprises à réaliser les investissements nécessaires pour améliorer leur productivité et leur compétitivité. Elles pénalisent finalement la croissance et ce, surtout dans un contexte de mondialisation, donc de compétition accrue. Pourtant, quelques 20 ans plus tard, on mesure aussi aujourd’hui les effets pervers de ces choix politiques.



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