Signature d’une déclaration conjointe avec l’Iran et le Brésil le 17 mai sur le dossier nucléaire iranien; très vives tensions et menace de rupture des relations diplomatiques avec l’État hébreu à la suite de l'attaque par les commandos israéliens contre la flottille humanitaire qui se dirigeait vers la bande de Gaza le 31 mai ; vote contre le quatrième train de sanctions imposé à l’Iran par le Conseil de sécurité de l’ONU le 9 juin… Le moins que l’on puisse constater c’est qu’au cours des derniers mois la Turquie mobilise l’attention diplomatique et médiatique et que les évolutions de ce pays ne manquent pas de susciter une pléthore de commentaires plus ou moins inspirés.

Une question semble tarauder de nombreux analystes : « Sommes‐nous en train de perdre la Turquie ? » titrait l’éditorial international du quotidien Le Monde, le 20 octobre 2009. Outre que le « nous » utilisé, définit prétentieusement un Occident qui se serait approprié la Turquie, il révèle plus profondément une incompréhension du nouveau cours des relations internationales qui empêche désormais les grandes puissances, notamment occidentales, d’imposer leur politique au reste du monde.