L'adhésion islandaise s'accélère. Les négociations officielles ont été ouvertes le 27 juillet. Cette décision est particulièrement rapide comparée à la situation d'autres pays en route pour l'adhésion depuis des années. 

La Turquie a par exemple fait acte de candidature à l'UE en 1987. Mais les négociations d'adhésion se sont ouvertes seulement 18 ans plus tard, en 2005. Les pays d'Europe de l’Est ont également dû attendre plusieurs années avant de commencer à discuter de leur entrée dans l'UE. La Bulgarie et la Roumanie ont ainsi fait leur demande en 1995 et commencé les discussions d'adhésion en 2000.

En annonçant, le 26 juillet, l'ouverture des négociations avec l'Islande, le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, a indiqué que la décision avait été prise à l’unanimité par les 27 ministres des Affaires étrangères. Il a cependant ajouté que certains d'entre eux avaient « beaucoup » insisté sur le fait que ces négociations d'adhésion devraient donner une impulsion positive au processus d'élargissement dans son ensemble.

Membre de Espace économique européen et de l'espace Schengen, l'Islande dispose d’une longueur d'avance. Mais, selon M. Vanackere, les pourparlers d'adhésion seront aussi rigoureux que pour tout autre candidat.

Obstacles à l’adhésion islandaise

"Il ya quelques problèmes à régler et nous allons bien sûr encourager l'Islande à les prendre en compte", a-t-il ajouté. Il a notamment cité l'environnement, la chasse aux baleines, le secteur financier et les discussions sur Icesave (voir Contexte). Côté français, les dossiers de la pêche et de l'agriculture pourraient constituer des points de discussions ardus avec le pays dans la perspective de l'adhésion. 

L’Islande accueille de nombreuses fonderies d'aluminium, en raison de l’abondance de son électricité renouvelable. La fusion d'aluminium étant très consommatrice d'énergie, les entreprises trouvent, dans cette capacité du pays, un moyen de réduire leur empreinte carbone.

Néanmoins, cette production d'énergie n’est pas sans prix pour la nature, à l’image des forages géothermiques ou des barrages comme celui de Karahnjukar, le plus important en Europe, construit uniquement pour alimenter la fonderie d'Alcoa, ouverte l’an dernier dans l’est de l’Islande.

La tradition islandaise de la chasse à la baleine pourrait également représenter un obstacle dans les négociations d'adhésion du pays. Dans l'Union européenne, tous les cétacés - baleines, dauphins et marsouins - sont protégés par la loi. En dépit d'une interdiction permanente infligée par la Commission baleinière internationale et de l'opposition de plusieurs pays, l'Islande autorise actuellement la chasse commerciale dans ses eaux, avec un quota de 150 nageoires de baleines pour la période 2009-2013.

L'interdiction de la chasse à la baleine sera-t-elle une condition d’adhésion pour l'Islande? Interrogé sur le sujet, le ministre belge a botté en touche et indiqué qu'il n'allait pas « dicter les solutions ».

Le ministre belge a d’autre part expliqué que l’UE restait attentive à ce qu’il appelle des « problèmes de communication », après la publication d’un sondage dans lequel 60% des Islandais se déclarent opposés l'adhésion communautaire.

Il a ajouté que les deux parties « devraient avoir le courage » de communiquer aux populations islandaises et européennes de la façon la plus adéquate, pour rendre possible l'adhésion de l'Islande.