Il y a quelques mois, vous refusiez publiquement de lier le maintien des fonds régionaux au respect de l’équilibre budgétaire, car les régions feraient les frais de choix politiques relevant des Etats. La mesure a depuis été validée par la Commission. Comment expliquez-vous ce revirement ?

Notre réforme satisfait l’ensemble des acteurs à 95%. Mercedes Bresso (présidente du Comité des régions, ndlr) et Danuta Hübner, (présidente de la Commission du développement régional au Parlement européen, ndlr) l’ont confirmé.

Les éléments centraux sont pleinement acceptés. Il y a effectivement un point critique avec la conditionnalité macro-économique, qui a eu tendance à phagocyter l’ensemble des débats ces derniers jours. Il y aura sans doute des discussions futures sur cette proposition. Mais nous devons accepter la nécessité, au-delà de la zone euro, d’un instrument de dernier recours, afin de pouvoir réagir au déficit excessif d’un Etat membre qui ignorerait les décisions de la Commission et du Conseil.

Pensez-vous que les Etats vont soutenir votre proposition sur les régions intermédiaires ?

Ce point n’a pas été vraiment contesté lors du dernier Conseil (le 11 octobre, les ministres avaient mis la politique la politique régionale à leur agenda, ndlr). Mais il y a aura peut-être des discussions sur ce sujet. Je pense que les Etats membres ont bien accepté l’architecture proposée car les régions en transition sont nécessaires pour combler le fossé qui existe entre les régions les moins avancées et les plus développées, en aidant certains territoires à rattraper les autres. Toutes les régions dites “en transition” rassemblent 12% de la population européenne. Pour le moment, l’idée est bien comprise.

La France a tendance à complexifier le fonctionnement des Eurorégions, quitte à ne pas appliquer correctement les textes européens. La réforme que vous proposez changera-t-elle la donne ?

Je l’espère. Mais il faut quand même rappeler que le tout premier groupement européen de coopération territoriale (GECT) est né entre Lille, Kortrijk et Tournai dans le domaine des transports. Ce projet pilote impliquait donc une région française. A l’avenir, j’espère que les GECT se développeront de plus en plus dans les régions.