Le retour des inspecteurs de la "troïka" (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI) à Athènes intervient alors que des dissensions se font jour entre Européens sur l'implication du secteur privé dans le renflouement du pays.

Merkel fragilisée

C'est également dans ce contexte que les députés allemands doivent se prononcer sur l'élargissement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) sur lequel les dirigeants de l'UE sont tombés d'accord le 21 juillet.  

Confrontée à une fronde de sa majorité, la chancelière allemande, Angela Merkel, risque de devoir compter sur le soutien des sociaux démocrates du SPD et des Verts pour faire adopter le texte, fragilisant un peu plus son leadership.

Pour démontrer sa volonté de respecter ses engagements pris dans le cadre du deuxième plan de sauvetage que les dirigeants de l'UE ont validé en juillet, le gouvernement grec a annoncé de nouvelles coupes budgétaires et hausses d'impôt. A la clé, il s'agit aussi d'obtenir le déblocage d'une sixième tranche d'aide de huit milliards d'euros.

Renégocier ?

Angela Merkel a suggéré, mardi 27 septembre, que les bailleurs de fonds de la Grèce pourraient réexaminer une partie du deuxième plan de sauvetage d'un montant de 109 milliards d'euros, au vu des résultats de la mission d'inspection de la "troïka".  

Priée de dire si l'accord décidé le 21 juillet serait mis en œuvre ou s'il devrait y avoir une renégociation, la chancelière allemande a répondu sur la chaîne grecque de télévision NET : "Il nous faut attendre de voir les conclusions de la troïka (…) et ce qu'elle nous dira, si nous aurons ou non à renégocier."

L'Eurogroupe tiendra une réunion supplémentaire en octobre pour évoquer le cas grec, a fait savoir mercredi la Commission européenne.  

Divisions européennes 

La participation du secteur privé au sauvetage de la Grèce pourrait être revue à la hausse. Nombre d'économistes estiment qu'une perte de 50% sera nécessaire alors que le plan du 21 juillet ne prévoit que 21%. 

Le Financial Times fait de son côté état de divergences au sein de la zone euro sur l'implication du secteur privé. Citant des responsables européens, le quotidien britannique écrit que jusqu'à sept des 17 pays de la zone euro estiment que les créanciers privés devraient supporter des pertes plus importantes.  

L'Allemagne et les Pays-Bas, partisans d'une ligne dure, s'opposent à la France et à la Banque centrale européenne, qui redoutent les conséquences, pour les banques détentrices de dette grecque, de pertes alourdies.