Devant des journalistes, le ministre des Affaires étrangères est notamment revenu sur l'attitude de l'Allemagne au cours de la crise libyenne.

Alain Juppé et son homolgue allemand sont divisés sur la Libye © Flickr/Medef
Documents officiels
Conseil européen
Synthèse de la réaction de l'UE en LibyeOrganisation des Nations Unies
Résolution du Conseil de sécurité sur la LibyeConseil de l'Union européenne
Position commune d'Herman Van Rompuy et Catherine Ashton sur la résolution de l'ONU sur la LibyePrésidence de la République française - Elysée
Lettre de Nicolas Sarkozy au conseil de sécurité de l'ONU sur la Libye
Revue de presse
EurActiv.com
France, UK flex muscle at EU summit on LibyaAgence France Presse
Sarkozy bouscule ses partenaires européens sur la Libye
«Pour beaucoup de nos partenaires, l’Union européenne est une ONG humanitaire. Ce n’est pas notre conception.» Le mot est d’Alain Juppé. Jeudi 24 mars, le ministre des Affaires étrangères est revenu sur la situation en Libye, quelques heures avant le début du sommet des dirigeants européens à Bruxelles.
Pour le ministre des Affaires étrangères, l’Union européenne doit être une puissance «capable d’utiliser des moyens militaires». «Nous avons été capables de monter des opérations militaires dans le passé. Il faut continuer dans ce sens», a précisé Alain Juppé, en faisant allusion aux interventions anti-piraterie pilotées par l’UE dans le golfe d’Aden, au-dessus de la Somalie.
Les pays européens sont profondément divisés sur l’opportunité d’une offensive militaire en Libye. Face à la France et au Royaume-Uni, partisans de l’usage de la force, la chancelière allemande Angela Merkel préfère opposer des sanctions diplomatiques et militaires à Tripoli. Berlin s’est donc abstenu lors du vote de la résolution de l’ONU.
Sortie de crise
A la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, lundi 21 mars à Bruxelles, le ministre allemand, Guido Westerwelle, a réitéré cette position. «L’Allemagne n’a pas voulu que l’Union européenne s’occupe d’autre chose que d’humanitaire», a rappelé M. Juppé, qui a précisé que Berlin avait refusé que l’Union européenne participe à la mise en place d’un blocus maritime en Libye. Mardi 22 mars, le pays a décidé de soustraire quatre de ses navires de guerre en Méditerranée au commandement de l'Otan.
«L’Allemagne a une position très claire: le refus de toute utilisation de la force», a affirmé le ministre français. Avant d’ajouter: «Seul l’emploi de la force peut arrêter un dictateur.»
Malgré tout, le ministre a dit vouloir travailler «en étroite collaboration» avec son homologue allemand. «Il a ses positions, j’ai les miennes. C’est la vie», a-t-il relativisé. Il faut dire que les européens tentent désormais de trouver un consensus sur la sortie de crise. La situation en Libye devrait concentrer une grande partie des discussions au sommet de Bruxelles.
Une réunion, co-organisée par la France et le Royaume-Uni, se tiendra à Londres, mardi 29 mars. Les participants devraient eux aussi faire un point sur la situation, avant d’envisager les mesures à mettre sur pied dès la fin des opérations militaires. Dans l'UE, la Belgique, la France, le Royaume-Uni, le Danemark, l'Italie, les Pays-Bas et l'Espagne sont engagés dans l'intervention.
« L'UE n'a pas vocation à régler tous les problèmes »
Interrogé sur la situation en Côte d’Ivoire, Alain Juppé a affirmé que «l’Union européenne n’[avait] pas vocation à régler tous les problèmes de la planète». «D’autres organisations doivent prendre leurs responsabilités», a-t-il ajouté, en citant la mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci). «Il y a 12 000 casques bleus dans le pays, dont 10 000 à Abidjan. Je demande que l’Onuci joue son rôle.» «La France n’a pas à se substituer à l’Union africaine», a-t-il aussi précisé.




Réactions
Gwen (non vérifié), le 24/03/2011
La solution est de mettre en pratique les dispositions prévues par le traité de Lisbonne en matière de défense européenne ! Si Alain Juppé se bat pour que ces dispositions soient adoptées... nous le soutiendrons !
Anonyme (non vérifié), le 24/03/2011
Ce débat ne mènera à rien parce que la question est mal posée. Il est vain d'opposer intervention militaire et sanctions diplomatiques. Ces mesures sont des éléments d'une réponse qui devrait être plus large et plus cohérente. Mais ceci suppose au préalable l'existence d'une politique étrangère européenne commune. Ni la France, ni l'Allemagne, ni les autres pays européens ne souhaitent s'engager dans une telle voie, au nom de la préservation de lambeaux de souveraineté nationale hérités du passé. L'Europe restera donc une union molle, incapable d'influencer significativement et durablement les affaires du monde.
L'Europe des nations ne peut être qu'une Europe impuissante.
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