Désigné candidat socialiste à l’élection présidentielle après une large victoire, François Hollande compte parmi ses soutiens proches l’eurodéputé Kader Arif. Il revient sur les convictions européennes de François Hollande, qui veut redonner un souffle politique à l’Union.

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François Hollande se distingue-t-il de Martine Aubry sur les questions européennes ?
Tous les deux sont des pro-européens convaincus. Ils avaient appelé à voter oui au traité constitutionnel en 2005. Ils ne se distinguent pas non plus sur la nécessité de changer d’Europe, car cette idée est partagée par l’ensemble des socialistes. 100% des gens qui soutiennent François Hollande sont totalement investis dans cette démarche-là. Je pense que ce n'était pas forcément le cas de l'entourage de Martine Aubry.
Quels sont les contacts entretenus entre François Hollande et les dirigeants européens ?
Pendant la campagne des primaires, il a fait le tour des lieux institutionnels européens. Il est allé à la rencontre Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe [et premier ministre du Luxembourg], sur le thème de la crise. Il est venu à Bruxelles pour rencontrer le commissaire Michel Barnier, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, mais aussi Elio Di Rupo, futur premier ministre belge. Il est aussi venu à Strasbourg prononcer un discours européen. Il a rencontré Jean-Paul Costa, président de la Cour européenne des droits de l’Homme et les eurodéputés.
Une fois le temps du repos physique et intellectuel terminé et après la Convention du 22 octobre, je pense qu’il y aura, le moment venu, une tournée européenne.
Quelles sont les priorités européennes que François Hollande défendra ?
Il faut redonner une direction politique à l’Europe. Aujourd’hui, le président de Commission a disparu des radars et le couple franco-allemand fait exister l’Europe en fonction des intérêts de l’un ou de l’autre.
Le but est d’adopter une coordination économique, un budget à la hauteur des enjeux, avec la mise en place d’une taxe sur les transactions financières et les eurobonds. Au plan international, l’Europe reste faible. Il faudra faire des efforts sur le conflit israélo-palestinien et répondre aux attentes des pays méditerranéens.
Et puis il y a la réforme de la PAC, qui occupe une place importante dans un pays comme la France. Mais la position est de ne pas solder l’agriculture au détriment des fonds de cohésion, et vice-versa.
Comment avez-vous vécu les différences qui opposaient aubrystes et hollandais au sein de la délégation française des eurodéputés socialistes ?
Chacun connaissait la position de l’autre. On se "cherchait" un peu de temps en temps mais nous avons évité que ce débat franco-français ne pollue le travail au sein de la délégation.





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