« Le multilinguisme communautaire, inscrit dans les règlements des institutions, s’étiole », constate Abdou Diouf. Si l’UE compte 23 langues officielles et trois langues de travail, la place de l’anglais dans les institutions européennes est de plus en plus importante.
Pour éviter l’unilinguisme de fait et restaurer la place des langues dans les institutions de l’UE, le secrétaire général de la Francophonie insiste donc sur la nécessité de mettre en place rapidement une politique ambitieuse.
Même si cette évolution n’a, selon lui, « rien d’inexorable », la « mondialisation déséquilibrée, uniformisatrice et peu soucieuse de diversité culturelle et linguistique » est la cause de cet état de fait : la pratique de l’anglais est de plus en plus courante dans le monde, particulièrement dans les entreprises, ainsi que dans les institutions européennes.
S’il est fondamental de lutter contre ce mouvement, Abdou Diouf estime qu’il ne s’agit pas de partir en « croisade » en faveur d’une langue mais bien de promouvoir et de favoriser le plein respect du principe du plurilinguisme et de la représentation des différentes langues au sein de l’UE. « La langue est indissociable de la démocratie », explique le secrétaire général de la Francophonie. « Les peuples n’avanceront pas sans leurs langues et cultures, c'est-à-dire sans leur identité ».
Une mission que s’est fixé l’Organisation internationale de la Francophonie, même si le président français, Nicolas Sarkozy, a plaidé pour une francophonie encore plus offensive, à l’occasion de la journée internationale de la Francophonie, le 21 mars dernier.
« D’une manière générale, je pense que la francophonie est déjà assez active », estime quant à lui Abdou Diouf ajoutant qu’il est « ravi du volontarisme francophone du Président Sarkozy, si ardent dans la promotion de notre langue et de nos valeurs ». Mais « on ne peut promouvoir que ce qui est déjà bien enraciné. Dans certaines régions, il faut lutter pour maintenir les bastions existants et gagner de nouveaux territoires ailleurs. »
Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquer ici.




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