Contexte
Au soir de son élection, Nicolas Sarkozy a déclaré: « La France est de retour en Europe ». En effet, de grands rendez-vous l’attendent: le Sommet européen de juin, où il doit trouver un accord avec ses homologues sur l’avenir du Traité constitutionnel, et la présidence française du second semestre 2008.
Au cours de la campagne, il s’est prononcé sur plusieurs dossiers brûlants, dont l’avenir du Traité constitutionnel et l’adhésion de la Turquie à l’UE, et a fait quelques déclarations retentissantes sur la BCE et l’euro fort. Son porte-parole sur les questions européennes, Alain Lamassoure, revient sur ces temps forts et certaines propositions du nouveau Président de la République.
Enjeux
Sur la relance institutionnelle de l’UE, Alain Lamassoure rappelle les propositions de Nicolas Sarkozy: un traité ordinaire, reprenant uniquement les principales dispositions de la partie I du Traité constitutionnel, ratifié par voie parlementaire. Il souligne que cette idée a été largement reprise par la présidence allemande et déclare que le nouveau président est prêt à répondre au questionnaire d’Angela Merkel sur le contenu du futur traité institutionnel. Pour justifier le choix de ne pas présenter ce nouveau traité devant les électeurs français, il avance que Nicolas Sarkozy l’avait annoncé pendant la campagne et a été élu sur ces propositions, ajoutant : « Je ne vois pas en quoi le résultat d’un référendum serait plus démocratique que celui de l’élection la plus importante de la 5ème République. Personne ne peut en outre contester que le Parlement français, qui ratifiera le texte, est élu démocratiquement. »
N. Sarkozy n’abandonne pas l’idée d’une nouvelle Constitution, mais cette étape devra avoir lieu, selon son porte-parole, après 2009. Il en explique le principe: « Il s’agira alors de remettre en chantier les sujets qui n’ont pas été correctement traités dans le projet de constitution rejeté par les Français. Une fois négocié, ce nouveau texte devra être approuvé par référendum, par tous les Européens, le même jour. » Il estime qu’à l’issue de ce référendum, les pays qui auront dit non devront sortir du club: « Un Etat seul ne peut empêcher les autres de continuer à travailler ensemble. En revanche, nous ne pouvons pas obliger un pays à rentrer dans une union qui ne lui convient pas. »
Revenant sur les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy sur la Banque centrale européenne et l’euro, il souligne qu’il faut un pouvoir fort à la tête de la zone euro pour lutter à armes égales avec les autres grandes monnaies internationales comme le dollar, le yen japonais ou le yuan chinois et réduire les marges de fluctuation entre ces grandes monnaies. Il juge insuffisant le soutien de la BCE aux politiques économiques de l’UE et indique vouloir en discuter avec les partenaires européens de la France. Mais la priorité est, selon lui, de « remettre de l’ordre dans les finances du pays ».
A. Lamassoure expose ensuite la position de Nicolas Sarkozy sur la réforme de la politique agricole commune (PAC). Il confirme l’objectif de maintenir le montant du budget agricole européen à son niveau actuel jusqu’en 2013, mais souligne qu’au-delà, une réorientation sera nécessaire: « Le budget de l’Union européenne devra être au moins égal au plafond de 1,24% du PIB fixé au début des années 1990. » Auteur d’un rapport sur les ressources propres de l’Union, qui propose une réforme en deux temps du budget européen, il précise que l’augmentation de ce budget ne pourra pas se faire uniquement sur les fonds propres des Etats membres.
Sur les autres grands chantiers européens, A. Lamassoure annonce que Nicolas Sarkozy compte renforcer la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) pendant la présidence française de 2008. Il s’appuiera pour cela sur le nouveau traité, qui prévoit un président du Conseil européen, élu pour 2 ans et demi, et un ministre des Affaires étrangères de l’Union. Selon lui, ils pourront plus facilement définir des priorités en matière de politique étrangère et repenser la manière de travailler avec les Etats-Unis.
Enfin, A. Lamassoure réaffirme l’intention de Nicolas Sarkozy d’empêcher l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne: « N. Sarkozy a annoncé pendant la campagne qu’il romprait les négociations avec la Turquie s’il est élu. Il le fera. » Ce dernier estime en effet que l’Europe politique étant réservée aux pays européens, la Turquie, qui se situe en Asie mineure, n’a pas vocation à entrer dans l’Union.



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