L’amendement, qui a été ajouté au projet de réforme des institutions, a été voté par 48 voix contre 21, après de nombreuses discussions (lire EurActiv.fr 19/05/08). Il doit désormais être examiné au Sénat. Le vote définitif aura lieu en juillet, lors d’une session commune entre les deux chambres.

Le vote intervient peu après la visite à Bruxelles du Premier ministre turc, Ali Babacan, au cours de laquelle les députes européens et la Commission ont vivement critiqué le ralentissement des réformes en Turquie (EurActiv.com 29/05/08). 

S’exprimant devant la commission parlementaire mixte UE-Turquie le 28 mai dernier, le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn, a déclaré que la Turquie devait relancer le processus de réforme et ne devait pas s’attendre à une conclusion rapide des négociations d’adhésion.

Le vote en France intervient également alors que Nicolas Sarkozy effectue une tournée des capitales européennes, à un mois du début de la Présidence française de l’UE, et continue de déclarer que selon lui, la Turquie ne fait pas partie de l’Europe, que ce soit sur le plan géographique ou culturel.

Plutôt qu’une adhésion pleine et entière à l’UE, M. Sarkozy préfère le concept de « partenariat privilégié » entre l’Europe et la Turquie. Il est notamment soutenu sur ce point par la chancelière allemande, Angela Merkel. (EurActiv.fr 31/01/08)  

Le vice-président de la commission mixte UE-Turquie du Parlement européen, Andrew Duff, a déclaré à EurActiv que ce vote « était un triste exemple de la xénophobie française à l’égard de la Turquie. » Selon un sondage Eurobaromètre réalisé par l'institut TNS à l’automne 2007, 65% des Français considèrent que les valeurs turques sont trop différentes de celles des Européens pour que le pays adhère à l’UE.

Le député européen considère cependant qu’il ne s’agit pas forcément d’un rejet définitif par la France de l’adhésion turque, l’opinion publique pouvant changer d’avis si les réformes en Turquie progressent davantage.

Il ajoute que la France devrait se transformer en « une  démocratie parlementaire plus mûre » et cesser d'être « un pays gouverné par le populisme et les plébiscites. »