Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier a proposé, jeudi 16 avril, quatre millions d'euros pour soutenir les pécheurs en difficulté, à la suite des blocages des ports de la manche.

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Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier a proposé, jeudi 16 avril, quatre millions d'euros pour soutenir les pécheurs en difficulté, à la suite des blocages des ports de la manche.
Les ports de Calais et Dunkerque sont débloqués, mais provisoirement. Les propositions du ministre de l'Agriculture d'allouer 4 millions d'euros aux secteurs du cabillaud et de la sole en difficulté ont en effet déçu les pêcheurs.
Les marins pêcheurs ont déclaré vouloir se réunir, jeudi 16 avril, pour décider de la suite à donner au mouvement.
Depuis le 14 avril, ils bloquent les ports de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque pour manifester leur opposition à la fermeture anticipée des quotas de cabillaud et de sole décidée par le gouvernement. Les marins pêcheurs demandent au contraire l'augmentation de ces quotas, dont le dépassement au premier semestre 2009 a pourtant justifié la décision du ministère d'interrompre l'activité du secteur.
A l'issue de la réunion du 15 avril, Michel Barnier, cité par l'AFP, a déclaré ne pas être en mesure de modifier "tout seul des quotas attribués dans le cadre européen". Et pour cause, ceux-ci sont établis en concertation avec les Etats membres de l'UE. Il a toutefois déclaré qu'il "travaillerait de manière lucide et très volontariste pour améliorer la situation en 2010".
« La France a obtenu, lors de la Présidence française, une augmentation du TAC (Total admissible de capture) de cabillaud de la Manche Est à hauteur de 30%, pour l'année 2009 », avait indiqué le ministère dans un communiqué de presse, mardi 14 avril. Or « la pêche hors-quota constitue une infraction qui pénalise l'ensemble des professionnels français, car tout dépassement entraine une diminution du quota de l'année suivante », conclut le communiqué.
Une définition communautaire des quotas, une mise en œuvre nationale
Les quotas sont définis chaque année au niveau de l’UE par les ministres des 27, lors du Conseil Agriculture de décembre. Ils s’entendent sur le TAC de poissons pour l’année suivante, et déterminent les quotas de pêche par pays en fonction d’une clef de répartition. Les Etats membres les mettent ensuite en œuvre.
Le TAC est proposé par la Commission européenne aux représentants des Etats de l’UE, sur avis du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) et du comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP), chargés d’évaluer les stocks halieutiques.
Au moment de la présentation de sa proposition pour l’année 2009, la Commission avait conclu que les stocks de cabillauds dans la Manche étaient plus élevés que dans les autres zones maritimes. Justifiant ainsi une élévation des quotas pour cette seule zone (EurActiv.fr 17/07/2008).
La proposition de la Commission se base aussi sur le respect des accords conclus avec les pays tiers intéressés par les mêmes zones de pêche. Certains déplorent alors les tonnes de cabillauds concédées à la Norvège et à l’Islande, jugées largement supérieures à celles laissées aux pays de l’UE.
POSITIONS:
Selon le Président du Comité National des Pêches Maritimes
et des Elevages Marins (CNPMEM), Pierre-Georges DACHICOURT, « Il y a bien eu une augmentation de 30% des quotas de pêche, mais sur 120 tonnes de cabillauds » accordées aux pêcheurs français dans la zone « cela ne représente pas grand-chose ». Si on divise le nombre de tonnes qu’il est possible de pêcher par an, au nombre de bateau et des jours de pêches admis, ce « n’est rien au final » par pêcheurs, dénonce-t-il. En réalité « c’est la Norvège qui détient tous les quotas de pêche. L’Etat doit prendre ses responsabilités ».
Du côté du syndicat des Pêcheurs Manche Atlantique (PMA), Jacques Pichon estime « qu’il y a un règlement qui doit s’appliquer ». « Il faut aussi être responsable, les stocks de poissons n’appartiennent pas qu’aux pêcheurs», poursuit-il. En outre, la clef de répartition des quotas de pêches « est favorable à la France », indique-t-il.
La porte parole de Joe Borg, le commissaire européen en charge des Affaires maritimes et de la pêche, Nathalie CHARBONNEAU, rappelle que « les quotas ne sont pas renégociables ». « La France gère ses quotas et c’est remarquable », poursuit-elle. « On ne peut qu’encourager les pêcheurs » à rencontrer leurs représentants et le gouvernement pour qu’ils définissent « des plans de restructuration » du secteur, conclut-elle.



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