Défense et nucléaire composeront l’essentiel des discussions entre Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique, Gordon Brown, lors de la visite d’Etat du président français en Grande-Bretagne, mercredi 26 et jeudi 27 mars. Nicolas Sarkozy consacrera une partie de sa visite au sommet annuel franco-britannique, qui se tiendra jeudi à Londres.

Dix ans après le lancement de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) par Jacques Chirac et Tony Blair, en décembre 1998 à Saint-Malo, le président français et Gordon Brown devraient surtout parler défense. Au cœur des discussions: le renforcement du contingent français en Afghanistan.

1000 soldats français en Afghanistan

Le 22 mars, le quotidien britannique The Times a révélé que Nicolas Sarkozy allait annoncer au premier ministre britannique le renforcement du contingent français en Afghanistan, avec l’envoi de 1000 soldats supplémentaires à l’est du pays. Mardi 25 mars sur Europe 1, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a confirmé que le contingent français serait renforcé, sans toutefois préciser le nombre d’hommes dont il était question.

En Grande-Bretagne, les sujets de défense sont sensibles, l’un des arguments les plus utilisés par les eurosceptiques étant la naissance d’une “armée européenne”.

Mais le sommet devrait également être l’occasion d’aborder les questions économiques, alors que les bourses mondiales sont en pleine tourmente financière. Lundi 25 mars, Londres a annoncé que Gordon Brown et Nicolas Sarkozy allaient appeler à une plus grande transparence des marchés financiers et à une réforme des grandes institutions internationales comme le FMI ou le Conseil de sécurité de l’ONU. “En tant que membres permanents du Conseil de sécurité, ils vont appeler à une réforme du Conseil pour le rendre plus adapté au 21e siècle, y compris par une représentation permanente pour le continent africain”, a annoncé Downing Street.

Coopération dans le domaine du nucléaire

Selon l’édition du Guardian du 22 mars, la France et la Grande-Bretagne devraient également annoncer une coopération dans le domaine nucléaire, avec un plan commun destiné à construire de nouvelles centrales.

Le Guardian révèle par ailleurs que le chef de l’Etat français et le premier ministre britannique pourraient annoncer des mesures contre l’immigration illégale, comme un contrôle plus rigoureux des camions transitant entre la France et la Grande-Bretagne.

Les deux hommes évoqueront également les priorités de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, qui débutera le 1er juillet.

Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, rejoindra Nicolas Sarkozy à Londres le 27 mars, où il participera au déjeuner auquel assisteront une dizaine de ministres français et leurs homologues britanniques, dont le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jim Murphy.

Officiellement, le président de la République ne devrait pas rencontrer Tony Blair, dont il avait évoqué le nom pour présider le conseil de l’Union européenne.

En Grande-Bretagne, la Chambre des Communes a adopté le 11 mars le projet de loi de ratification du traité de Lisbonne. Le texte doit encore être examiné début avril par la Chambre des Lords, avant de repasser devant les deux assemblées pour un vote final en juin.