La Commission européenne doit publier aujourd'hui quatre propositions visant à faire un pas de plus « vers une politique globale de l’UE en matière de migrations ». Ce thème, cher à Nicolas Sarkozy, a été au cœur de la campagne électorale. Le nouveau président français souhaite une intégration plus poussée des ces politiques au niveau européen.

Documents officiels
Conseil européen
Sommet de Tampere (1999)Conseil européen
Programme de la Haye (2004)Commission européenne
Livre vert sur une approche communautaire de la gestion des migrations économiquesAutre
Loi française du 24 juillet 2006 "relative à l'immigration et à l'intégration"Commission européenne
Second Rapport Annuel sur la Migration et l'IntegrationCommission européenne
« Vers une politique globale de l’UE en matière de migrations »
Recherches
Institut Français de Relations Internationales
Les politiques canadiennes d'immigration sont-elles exportables en France et en Europe?Fondation Robert Schuman
L'Union européenne et l'immigrationDocumentation française
Immigration et besoin de main d'oeuvre
Revue de presse
Les Echos
Les propositions de Nicolas Sarkozy sur l'immigrationLe Monde
Les limites de l'immigration choisieEuros du Village
ImmigrationHerodote
L'Europe et l'immigration
Développements récents et prochaines étapes :
- 11 janvier 2005 : Livre vert sur une approche communautaire de la gestion des migrations économiques
- Juin 2006 : Publication par la Commission du second rapport annuel sur la migration et l’intégration
- Septembre 2006: Réunion des ministres de l’Intérieur à Madrid
- 24 juillet 2006: Adoption de la loi Sarkozy relative à « l’immigration et à l’intégration »
- 16 mai 2007: Publication de quatre propositions par la Commission sur le thème « Vers une politique globale de l’UE en matière de migrations »
Contexte :
Les chefs d’Etat et de gouvernements européens ont pour la première fois posé les bases visant à élaborer une politique d’immigration et d’asile commune au niveau de l’UE lors du sommet européen de Tampere en 1999. En novembre 2004, le Conseil européen a réaffirmé sa volonté de poursuivre dans cette voie avec un nouveau plan quinquennal, le « Programme de la Haye », qui fixe des objectifs en vue du renforcement d’un espace de liberté, de sécurité et de justice en Europe pour la période 2005-2010. Un Livre vert publié par la Commission européenne en 2005 évoque pour la première fois la possibilité de mettre en place un « système européen de sélection » dans le domaine de l’immigration.
En France, la loi « relative à l’immigration et à l’intégration » du 24 juillet 2006 portée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, reprend le thème d’« immigration choisie ».
Lors d’une réunion des ministres de l’Intérieur à Madrid en septembre 2006, Nicolas Sarkozy a proposé la création d’un « pacte européen» pour approfondir l’intégration européenne des politiques d’immigration.
Il a repris ces propositions pendant la campagne électorale de 2007.
Enjeux :
La Commission européenne doit aujourd’hui publier quatre propositions relatives à la politique européenne d’immigration. Une première communication devrait cadrer l’évolution future de la politique migratoire, tout en rappelant le contexte et la stratégie actuels. La deuxième concernerait les « déplacements légaux de personne ». Cherchant à répondre aux demandes exprimées lors du dernier Conseil européen de décembre 2006, elle « examinera les moyens de faciliter la migration circulaire ». Dans le cadre de la lutte contre l’immigration illégale, la proposition de directive devrait prévoir « des sanctions à l’encontre des personnes qui emploient des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ». Il sera enfin question d’étendre l’approche globale des migrations, initialement conçue pour l’Afrique et la Méditerranée, aux régions du Sud et du Sud-Est de l’Europe.
La publication de ces propositions intervient alors que le traitement des questions migratoires devrait être au cœur de l’action du nouveau président français. Nicolas Sarkozy souhaite pousser l’intégration des politiques d’immigration au niveau européen mais également au niveau international, notamment sous l’égide de l’ONU.
Immigration clandestine
La communication de la Commission de juillet 2006 dresse un bilan des progrès réalisés dans la lutte contre l’immigration clandestine et définit les prochaines priorités de l’Union dans ce domaine. La communication précise que « la décision discrétionnaire d’accorder le droit de séjourner légalement sur le territoire (…) relève du pouvoir discrétionnaire des États membres. »
La proposition « d’interdire à l’avenir de toute mesure de régularisation massive ou des régularisations de plein droit », faite par Nicolas Sarkozy en septembre 2006 à Madrid, n’avait donc, à l’époque, pas été très bien accueillie par les Etats membres. Le gouvernement espagnol ayant régularisé plus de plus de 600 000 sans-papiers en 2005, le premier ministre socialiste, Jose Luis Zapatero, avait répondu ne pas avoir à recevoir de leçons de la place Beauvau.
Droit d’asile
La communication de la Commission européenne du 17 février 2006 propose la mise en place d’un régime européen entièrement harmonisé en matière de droit d’asile.
Dans le même esprit, Nicolas Sarkozy entend « fusionner les politiques nationales en une seule politique européenne », rompant ainsi avec la stratégie qui a prévalu jusqu’ici, celle d’une politique commune. Parallèlement, il souhaiterait créer rapidement un Office européen de l’asile, à la tête duquel figurerait un «conseil d’administration où seraient représentés les gouvernements» des Etats membres. En conséquence, le statut de réfugié «serait accordé au niveau européen et non plus de chaque État». Les demandes d’asiles seraient en outre désormais étudiées au niveau européen.
Moyens d’action pour la gestion des flux migratoires
La volonté de Nicolas Sarkozy de créer un « consulat européen », chargée de la délivrance des visas de court séjour » et un « bureau européen de lutte contre l’immigration clandestine » va bien au-delà des projets actuels de l’UE.
La gestion d’une frontière européenne « efficace et sûre » constitue, selon le nouveau président, un « enjeu clé » et « décisif » de la cohésion future de l’Union européenne. D’autres Etats membres, l’Espagne notamment, partagent ce point de vue. L’idée d’un « corps de gardes frontières européens », pour constituer une police européenne de l’immigration a été relancée. Ce projet avait déjà été soumis aux Vingt-Cinq, avant d’être abandonné face à la réticence de certains nouveaux Etats membres qui ne souhaitent pas confier la surveillance de leurs frontières à d’autres qu’à leurs propres fonctionnaires.




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