Lundi 25 mai, le gouvernement islandais a soumis une proposition au Parlement pour autoriser le lancement des négociations d’adhésion à l’Union européenne. Les analystes estiment que ces discussions pourraient être bouclées en 12 mois.
Les premiers débats sur la proposition du gouvernement pourrait avoir lieu dans le courant de la semaine, a confié à l’agence Reuters un porte-parole du premier ministre islandais. Si la majorité la soutient, l’Islande pourrait poser sa candidature à l’UE dès début juillet, a ajouté le porte-parole.
La proposition soumise au Parlement lundi 25 mai appelle non seulement au démarrage des pourparlers avec l’UE, mais aussi à un éventuel référendum national sur le traité d’adhésion.
Le premier ministre islandais, Johanna Sigurdardottir, a expliqué devant le Parlement que l’Islande subissait encore les retombées de la crise qui a dévasté l’île l’an dernier, un effondrement qui a amené de nombreux Islandais à envisager une adhésion à l’Union européenne.
Mme Sigurdardottir a déclaré que l’Islande devait lutter contre un déficit public de 170 milliards de couronnes islandaises (1,34 milliards de dollars) programmé jusqu’en 2013. Même une relance de l’économie, attendue pour la fin 2009, ne réduirait le déficit que de 70 milliards de couronnes.
Seuls des choix par défaut s’offrent au pays, a constaté le premier ministre. « Ce sont sans aucun doute les plus difficiles que j’aurai eu à faire dans ma carrière politique », a-t-elle déclaré.
Responsable politique dont la popularité est en partie fondée sur sa réputation de leader politique de coeur, Mme Sigurdardottir doit maintenant préparer les Islandais à de sévères restrictions budgétaires nécessaires pour remettre de l’ordre dans les comptes du pays.
Les avertissements économiques interviennent alors que les socio-démocrates de Sigurdardottir souhaitent persuader les Verts, membres de la coalition, d’apporter leur soutien au plan européen – ou du moins de ne pas se mettre en travers du chemin.
Débâcle économique
Le soutien aux négociations d’adhésion à l’UE, et à l’adoption de la monnaie unique, est apparu à la suite de la débâcle économique que connaît le pays depuis l’effondrement de ses banques massivement endettées.
Le ministre des Finances et chef des Verts, Steingrimur Sigfusson, a déclaré qu’il ne s’opposerait pas à la proposition. Les médias islandais ont estimé que près de la moitié des députés verts pourrait voter en faveur de la proposition.
Le processus d’adhésion pourrait prendre des années. Certains officiels expliquent cependant qu’il pourrait être achevé en 12 mois, l’Islande étant déjà membre de l’Espace économique européen.
Cependant, le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn a déclaré sur les ondes de Bloomberg que l’Islande ne pourrait « doubler » la Croatie, pressentie pour devenir le prochain pays à rejoindre les 27.
Une fois que l’UE aura donné son feu vert, l’Islande devrait organiser un référendum sur la question de l’adhésion. Des sondages montrent que la population islandaise se partage de manière égale entre partisans et détracteurs de l’adhésion.
Les pro-européens estiment que l’adhésion encouragera la stabilité économique du pays et rassurera les investisseurs étrangers. Mais l’influent lobby de la pêche exprime des réserves. L’adhésion obligera l’Islande à se conformer à la politique de la pêche de l’UE et à céder le contrôle des eaux riches en morues, haddocks, harengs et autres prises lucratives.
Des officiels islandais ont déclaré qu’ils chercheraient à infléchir la position de Bruxelles pour leurs pêcheurs, invoquant le fait que les eaux territoriales islandaises ne bordent celles d’aucun des autres pays de l’UE.
EurActiv.com avec Reuters. Traduit de l’anglais par EurActiv.com
CONTEXTE:
L’Islande a été durement frappée par la récession économique. Avant leur effondrement, les actifs du secteur bancaire islandais ont augmenté à hauteur d’environ 96 % du PIB en 2000, et jusqu’à 800 % à la fin de l'année 2006. Ils valaient près de 10 fois le PIB du pays à la veille de la crise.
A la fin de l’année 2008 le pays a reçu 10 milliards de dollars de la part du Fonds monétaire international.
Après la banqueroute du pays, le gouvernement islandais de centre-droit s’est effondré en janvier. Le pays est depuis gouverné par une coalition de centre-gauche menée par le premier ministre d’intérim, Johanna Sigurdardottir.




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