Surprise. Après seulement six mois d’exercice, l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin et secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Bruno Le Maire, est remplacé à son poste par le député de la 4ème circonscription de Paris Pierre Lellouche. Après le départ de Jean-Pierre Jouyet en décembre 2008, ce nouveau jeu de chaises musicales au Quai d’Orsay est pour le moins inattendu. 

Sans compter que les positions de Pierre Lellouche sur l’Europe ne sont pas forcément dans la lignée de celles défendues par le président français. Le nouveau secrétaire d’Etat aux Affaires européennes est en effet connu pour être depuis toujours favorable à l’adhésion d’Ankara à l’UE. Une fin de non recevoir à ce sujet a pourtant été à nouveau réitérée par Nicolas Sarkozy pendant la campagne des élections européennes.

Sur l’OTAN en revanche, les deux hommes se rejoignent. Pierre Lellouche, président de l’Assemblée parlementaire de l’organisation depuis 2004 a plaidé pour la réintégration de la France dans le commandement intégré. En 2003, il s’était également montré favorable à l’intervention américaine en Irak. 

Universitaire de formation, Pierre Lellouche a participé à la fin des années 70 à la création de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Il y dirige pendant dix ans le secteur politico-stratégique. Conseiller diplomatique de Jacques Chirac (1989-1993), à l’époque maire de Paris, il est élu député de la 8ème circonscription du Val d’Oise en 1993 après avoir battu Dominique Strauss-Kahn. Quatre ans plus tard, il devient député des 8ème et 9ème arrondissements de Paris et n’a pas quitté son siège depuis.  

Délégué général à la défense, à l’UMP, il est membre de la commission de la Défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale. En mars 2009, il a été nommé représentant spécial de la France en Afghanistan et au Pakistan par Nicolas Sarkozy.

Le chantier de la PAC

Le nouveau secrétaire d’Etat aux Affaires européennes entre en fonction à l’occasion d’un changement de mandature du Parlement et de la Commission européenne. La discussion sur les perspectives financières de l’UE après 2013, l’avenir de la politique régionale et de la politique agricole commune ou encore les suites de la réforme institutionelles figureront parmi les dossiers pour lesquels il devra coordonner les positions françaises avec les ministères concernés. Sans parler du renforcement du couple franco-allemand, initié par son prédécesseur.

En décembre 2008, Bruno Le Maire avait été nommé au Quai d’Orsay, où il avait succédé à Jean-Pierre Jouyet pour restaurer les relations avec Berlin. Jeudi 25 juin, il devait d’ailleurs se rendre à Sarrebrück, à l’invitation du Bundesrat, pour intervenir devant les ministres-présidents des Länder allemands. Une visite qu’il n’honorera probablement pas étant données ses nouvelles fonctions au gouvernement. 

Entre autres défis, le nouveau ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire devra s’atteler au chantier de la prochaine politique agricole commune (PAC). Il devra notamment peser sur les discussions budgétaires, qui débutent fin 2009, alors que le nouveau volet de cette politique entrera en vigueur dès 2014. En pleine crise du lait Bruno Le Maire devra aussi résoudre l’épineux dossier des quotas laitiers, dont la disparition est programmée pour 2015. Le nouveau ministre hérite également de la question des quotas de pêche, alors que Bruxelles vient de lancer une large réflexion sur le futur de la politique commune de pêche (PCP) (EurActiv.fr, 22/04/2009).

Dans un communiqué, la FNSEA estime que, dans les discussions sur la prochaine PAC, «[La France] devra être une force de proposition et de conviction pour construire et développer les outils d’une politique agricole rénovée». Des négociations qu’il devra mener de front avec la campagne des élections régionales de 2010, puisqu’il sera tête de liste en Haute-Normandie (EurActiv.fr, 24/03/2009).

Enfin, la députée européenne Nora Berra n’aura pas eu le temps de siéger à Strasbourg, puisqu’elle est nommée secrétaire d’Etat en charge des Aînés.