Les annonces du président français sur la taxe sur les transactions financières font des remous dans la coalition d'Angela Merkel. Nicolas Sarkozy s'est dit prêt à faire cavalier seul en France, au cas où aucun autre pays ne se joindrait à son initiative. Néanmoins, il espérait rallier la chancelière allemande à cette initiative.

Lors de la conférence de presse du lundi 9 janvier, Angela Merkel semblait avoir fait un pas vers Nicolas Sarkozy en déclarant : "Si on ne réussit pas à convaincre les 27, nous verrons comment il est possible de progresser". Cette déclaration a été interprétée, notamment dans les médias français, comme un "soutien mesuré " des plans français. Mais, à la lumière de la situation politique interne de l'Allemagne, il devient évident que Nicolas Sarkozy ferait mieux de chercher d'autres alliés. 

Les libéraux s'opposent

Les déclarations d'Angela Merkel ont causé l'indignation des libéraux membres de son gouvernement de coalition. Le même jour, le président du parti libéral FDP et ministre de l'Economie Philipp Rösler a riposté : "Je maintiens ma position : une telle taxe doit être valable pour tous les pays membres de l'UE, et non pas seulement pour les pays de la zone euro", a-t-il réagi dans le quotidien allemand Franfkurter Rundschau, contredisant ainsi la position plus souple d'Angela Merkel. Principale crainte du dirigeant libéral : la délocalisation des activités financières de Francfort.

Pour l'expert en finances publiques et vice-président du Bundestag Hermann Otto Solms (FDP), Merkel met en danger l'avenir de son gouvernement. "Le programme de la coalition ne peut qu'être changé d'un commun accord et non pas unilatéralement", s'indigne-t-il dans le quotidien économique Handelsblatt.

Et même au sein de son propre parti, la position prise par Angela Merkel est loin de faire l'unanimité. Le vice-président du groupe parlementaire CDU au Bundestag Martin Fuchs s'est ouvertement prononcé contre une taxe sur les transactions financières.

Angela Merkel a réagi, mercredi 11 janvier, à la vague d'indignation des libéraux en précisant sa position.  Lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre italien Mario Monti, elle a déclaré soutenir l'idée du Président français "à titre personnel" seulement. En tant que chef de gouvernement, elle doit naturellement prendre en compte la position des libéraux.

Les sociaux-démocrates la veulent

Le couple franco-allemand ne fera donc pas de la TTF un projet commun, en tout cas, pas cette année. Une victoire des socio-démocrates, aujourd'hui emmenés par Sigmar Gabriel, aux élections législatives prévues en 2013 pourrait en revanche changer la donne.

En novembre 2011, le SPD a invité le gouvernement d'Angela Merkel à adopter le projet de taxe.