La situation économique en Europe se détériore rapidement : en 2009, la croissance devrait reculer d’1,8% dans l’Union européenne (UE). Ceci se traduit par une montée du chômage, la multiplication des défaillances d’entreprises, le creusement des déficits publics, la dégradation de la notation de la dette des pays ayant un niveau d’endettement public élevé ou un fort déficit de leur balance des paiements courants.
 
L’aide apportée aux banques a été, dans l’ensemble, rapide et relativement consensuelle (injections de liquidités par la Banque centrale européenne (BCE), plans nationaux suivant l’exemple du plan d’aide britannique). En revanche, les plans de relance budgétaires suscitent le désaccord sur le montant (1%? 2%? plus comme aux Etats-Unis?), les instruments (investissement ou consommation) et la question du protectionnisme (conditionnalité des aides des plans de soutien à l’automobile). Face à ces désaccords, la Commission semble manquer de leadership et paraît dépassée par les initiatives des Etats.
 
Les principaux facteurs de risque pour l’avenir résident dans la fragilité de certaines banques (faiblesse des fonds propres, exposition des filiales en Europe centrale et orientale), l’effet boule de neige de la récession (la crise de l’économie réelle s’autoalimente et constitue un facteur de fragilisation supplémentaire du secteur financier), le recul du commerce international au sein et hors de l’UE (l’UE est le premier exportateur mondial), la fragilité des pays hors de la zone euro (avec le risque de crises de change, par exemple dans les pays baltes), et les tensions sociales qui se généralisent.
 
Enfin, l’effet de la crise sur l’esprit européen est contradictoire : reconnaissance des effets protecteurs de l’euro et tentation du cavalier seul en matière de politique de relance. Dans ce contexte, de plus grands efforts de coordination doivent être réalisés (en tenant compte des spécificités des situations économiques des Etats membres), des instruments de sauvegarde communs doivent être mis en place et des signes concrets de refus du protectionnisme doivent être manifestés (initiative de relance du cycle de Doha à l’OMC par exemple). Sans cela, la récession pourrait devenir dépression et se prolonger plusieurs années.

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