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Accueil - Entreprises et emploi

Les bénéfices de la « flexicurité » remis en cause par la crise

25.11.2009

Maître-mot de la stratégie européenne de l’emploi, la flexicurité apparaît désormais comme une solution superficielle, insuffisante face à la récession.

Flexibilité et sécurité ne font pas bon ménage en temps de crise. Plusieurs études en cours tendent à remettre en cause la validité du concept, désormais confronté à un contexte de crise inédit. L’Institut Bruegel, think tank européen spécialisé dans l’analyse des politiques économiques, adresse dans un mémo ses recommandations à la Commission.

Selon les prévisions de l'Institut, la capacité des entreprises à répondre aux fluctuations rapides de la demande sur le marché du travail sera au plus bas en 2010 alors que le chômage dépassera les 10% dans la plupart des pays de l’Union. Ces chiffres font écho au rapport annuel de la Commission européenne consacré à «L’emploi en Europe », paru lundi 23 novembre.

Dans le même temps, l’augmentation de la dette publique restreint la capacité des Etats à offrir la sécurité attendue par les travailleurs en difficulté.

La flexicurité ne jouant son rôle de levier qu’en période de croissance, la Commission devra faire face à un défi supplémentaire dans le cadre de la redéfinition de sa stratégie européenne pour l’emploi.

Dans cette perspective, l’Institut Bruegel propose de resserrer l’agenda flexicuritaire autour de deux domaines critiques mais décisifs sur le long terme pour l’UE : le vieillissement démographique et l’immigration.

Priorité à l’éducation

L’étude menée par le Centre d’Etudes de l’emploi de l’Université Paris 1 met quant à elle en avant deux éléments fondamentaux dans la définition des priorités politiques pour l’emploi au sein de l'UE:

Elle propose, tout d'abord, l’étude comparée des facteurs de risque et des facteurs de transitions positives sur le marché du travail en Europe.

L’âge, le genre, l’état de santé ou encore la maternité agissent négativement sur la mobilité individuelle et sont à l’origine de la plupart des sorties définitives du monde du travail, contrairement au niveau d’éducation qui favorise les transitions positives. L’étude préconise de cibler sur ces facteurs.                   

Un effort particulier en direction de l’éducation et de la formation est jugé nécessaire pour sortir les jeunes de l’impasse. Ces derniers étant les principales victimes de la crise sur le marché de l'emploi. 

La transition vers une économie à faible intensité de carbone sera l'élément clé dans la création de nouveaux emplois, a précisé en outre le commissaire chargé de l’Emploi, Vladimir Spidla, lors de la publication du rapport annuel de la Commission. Pour ce faire, une nouvelle génération de « green-collar » qualifiée doit cependant voir le jour.

La notion de qualité du travail

Déjà présente dans les lignes directrices de Lisbonne sous la forme d’indicateurs (les indicateurs de Laeken), la notion de qualité du travail doit être à la fois maintenue et précisée selon l'étude de l'université Paris 1. La Commission doit également veiller à la diffusion des bonnes pratiques au sein des politiques publiques et des ressources humaines.  

L’avenir de la stratégie de Lisbonne passe enfin par une simplification de la structure actuelle constituée en piliers, indique l'étude. Autres propositions : développer la transversalité des thématiques et échanger les bonnes pratiques à une échelle très décentralisée, par exemple entre les pôles emplois.

Selon un sondage d’opinion TNS réalisé à la veille des élections européennes de juin 2009, 57% des citoyens européens identifient le chômage comme leur principale angoisse face à la crise. Autant dire que l’Europe est attendue sur ce sujet. 

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