Faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde d’ici 2010 », était l’objectif pour le moins ambitieux de la stratégie de Lisbonne. L’heure est aujourd’hui au bilan, et il est plutôt mitigé.

La stratégie avait prévu que les Etats membres de l'UE atteignent 70% de taux d’emploi en 2010. A cette date, 3% du PIB de l'UE devait en outre être consacré à la recherche. Ces objectifs n'ont pas été atteints. 

La lenteur et l'inégalité du processus de mise en oeuvre des réformes est l'une des faiblesses de la stratégie de Lisbonne pointées du doigt par l'évaluation de la Commission. 

L’interdépendance des économies n’a pas assez été prise en compte, note l'exécutif européen. L’isolement de la stratégie de Lisbonne par rapport aux autres instruments de l’Union européenne a nuit à son efficacité, ainsi que la faiblesse des structures de gouvernance, et le rôle peu défini du Conseil européen et du Parlement européen dans la conduite de la stratégie.

Le manque de communication semble aussi avoir été le « talon d’Achille » de cette politique, note la Commission. 

Si dans son évaluation, la Commission a relevé certaines limites à la stratégie de Lisbonne, le bilan de ce programme resterait malgré tout positif.

La stratégie aurait contribué avant la crise économique à la création de 18 millions d’emplois, même s'il est difficile d’établir un lien direct entre ces créations et les réformes réalisées.

Lisbonne aurait également fait émerger un certain consensus parmi les Etats membres sur les réformes nécessaires et la définition des priorités en termes de politiques publiques comme la recherche et développement, la modernisation du marché du travail, le développement des entreprises, notamment les PME, et le changement climatique.

Les réformes structurelles réalisées auraient également atténué les effets de la crise économique. La mise en place rapide d’un plan de relance  à l’échelle européenne, ainsi que la définition d’objectifs de courts termes auraient été facilités par l’existence d’objectifs de moyens et longs termes dans le cadre de la stratégie de Lisbonne.

L’évaluation vise à permettre de redéfinir les objectifs post 2010, afin que l’Union européenne puisse proposer sa nouvelle stratégie UE 2020. A la suite d'une consultation publique, qui s’est clôturée le 15 janvier 2010, la Commission présentera prochainement officiellement la stratégie UE 2020 qui doit être adoptée d'ici le mois de juin 2010.

CALENDRIER :

  • Conseil européen 25/26 mars 2010: Examen de la future stratégie UE 2020
  • Conseil européen de juin 2010: Adoption de la nouvelle stratégie de l'UE 2020