Même si les projets de création d’emplois se multiplient, ils demeurent à petite échelle et largement concentrés sur les marchés émergents, où la reprise économique est plus importante et les salaires plus bas. Les espoirs de croissance dans le monde développé restent nettement plus réservés, selon une enquête de PricewaterhouseCoopers (PwC).
Parue le jour de l’ouverture du forum économique mondial à Davos, qui rassemble les représentants de l'élite économique et politique, cette étude a été menée auprès de 1 200 chefs d'entreprises dans 52 pays. Elle montre que 39% d'entre eux veulent augmenter leurs effectifs en 2010, alors que 25 % prévoient de les réduire, soit deux fois moins que ceux qui ont licencié en 2009.
« L’an dernier, nous étions réellement dans un contexte de crise », explique le président mondial du groupe de consultants, Dennis Nally. « Les PDG sont bien plus optimistes aujourd’hui, même si une certaine prudence reste de mise. Le degré d’inquiétude varie selon les lieux : les PDG sont bien plus confiants dans les pays en développement que dans les autres», poursuit-il.
Pour rappel, les marchés ont été consolidés avec 5 milliards de dollars d’argent bon marché, destinés à sauver l’économie mondiale. Toutefois, alors que les gouvernements et les banques centrales préparent de nouvelles stratégies de sortie de crise, de nombreux dirigeants d’entreprises ne constatent qu’une faible reprise.
Ainsi, elles ont levé le pied concernant le chômage technique mais rechignent toujours à embaucher au-delà du minimum nécessaire pour répondre à une faible augmentation de l'activité.
« Je ne pense pas que de nombreux emplois seront créés dans les 12 prochains mois », prédit Dennis Nally, sur le constat que les PDG qui embauchent élargissent leurs effectifs d’environ 5 % voire moins.
Reprise à plusieurs vitesses
Les choses vont tout de même mieux qu’il y a 1 an.
En tout, 81 % des PDG du monde sont confiants quant à leurs perspectives de recettes pour l’année à venir, soit 64 % de plus qu’en 2009, et 31 % se disent « très confiants », soit 10 % de plus.
Accenture, rivale de PwC, décrit une situation similaire, avec des entreprises moins moroses, mais ajoute que les attentes du marché boursier ont été bien optimistes par rapport à ce qui se passait en réalité dans les conseils d’administration.
« Tout le monde essaie de sortir du cercle vicieux. Mais, ce qui est intéressant c’est que nous vivons dans un monde à plusieurs vitesses au même moment », indique Mark Foster, directeur général de la consultation en gestion du groupe Accenture.
D'ailleurs, les entreprises qui se sont à peu échapées de la crise cherchent maintenant des opportunités pour dépasser leurs rivales, comme l’a montré l’acquisition du fabricant de chocolat Cadbury Plc par Kraft Foods Inc.
« Si vous êtes le premier à réagir, il y a des affaires à réaliser. Les 12/18 prochains mois comprennent une niche d’opportunités », a-t-il conseillé.
EurActiv avec Reuters, traduit de l’anglais par EurActiv.



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