En Bref:

Le 19 juin 2007, les représentants au commerce du G4 (Etats-Unis, Union européenne, Brésil et Inde) ont relancé les discussions commerciales multilatérales à Potsdam (Allemagne). Lors des quatre jours de réunion prévus, ils s’efforceront de trouver une solution de compromis pour clôturer les négociations de Doha. Elles durent depuis six ans et sont tombées dans l’impasse en juillet 2006. Les rencontres de cette semaine représentent pour certains la dernière chance du cycle de Doha.

La représentante américaine au commerce, Susan Schwab, a déclaré peu avant la rencontre : “Nous espérons vraiment que nous pourrons faire progresser les choses de manière spectaculaire”.

Sans un déblocage des négociations du « quatre majeur », rien n’est envisageable pour les 150 membres de l’OMC. Les divergences portent sur la réduction des subventions agricoles et la baisse des tarifs douaniers sur les produits industriels et agricoles. Selon les observateurs, un compromis sur les chiffres et la méthode de calcul des réductions des subventions et droits de douanes doit être trouvé d’ici la fin du mois de juillet si l’on souhaite conclure un accord sur Doha avant la fin de l’année.

Le Premier ministre britannique Tony Blair avait affiché son optimisme à l’issue de la rencontre du G8 qui s’est tenue courant juin : “Nous sommes désormais très près du but…Nous ne sommes qu’à quelques points de pourcentage et quelques milliards de dollars de la conclusion d’un accord”. D’autres observateurs se montrent toutefois plus prudents. L’ancien directeur de l’OMC, Peter Sutherland, a déclaré : “je ne veux pas être apocalyptique au sujet du système commercial mondial mais il est en danger, cela ne fait aucun doute”.

L’actuel directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, apparaît confiant et estime qu’un “accord est encore à portée de main”. Pourtant, la montée du protectionnisme américain met les négociations en danger.

L’autorité conférée à l’Administration Bush dans le cadre de la loi américaine sur les échanges commerciaux de 2002 (Trade Promotion Act, TPA) permet à la Maison Blanche d’adopter tout accord commercial sans amendement possible du Congrès jusqu’au 1er juillet 2007. Passé cette date, nul ne sait si le Congrès à majorité démocrate acceptera de le prolonger dans la mesure où il se montre de plus en plus sceptique envers les bénéfices de la mondialisation économique.

Pascal Lamy considère le renouvellement du TPA comme décisif. Il semble peu probable que les partenaires commerciaux acceptent de signer un accord qui pourrait être révisé par les législateurs américains par la suite : “Beaucoup de partenaires commerciaux des Etats-Unis considéreront que si aucun mouvement n’est fait en faveur du renouvellement du TPA, cela montrera que les Etats-Unis ont perdu la foi en ce cycle, ce qui aura certainement un impact sur la dynamique des négociations”.

Malgré l’échéance du 1er juillet, le ministre indien au commerce, Kamal Nath, a souligné que les pays en développement ne seraient pas sous pression : “Le contenu de ce cycle compte plus que son calendrier”. Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, a rejoint sa position : “Nous savons tous que nous sommes dans une phase de négociation, mais nous ne voulons pas sacrifier notre position fondamentale pour obtenir des résultats plus rapides”.

Peter Mandelson a mis en garde ses partenaires, précisant que l’UE pourrait revenir sur son offre antérieure d’ouverture du marché si les principaux protagonistes ne parvenaient pas à s’entendre. Il aurait confié au quotidien britannique The Guardian : “Tout le monde doit renoncer à quelque chose. Je crois que la tolérance et la patience viennent à manquer à Genève”.