Peu de temps avant que la Commission ne publie ses propositions pour un nouveau cycle de la stratégie de Lisbonne, un dossier spécial du Centre d'analyse stratégique permet d'évaluer les performances de l'UE dans l'adaptation à la mondialisation. Dans le nouveau contexte mondial, l'Europe ne semble pas encore en mesure de dépasser les Etats-Unis.

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En bref :
Dans divers domaines, l’Europe ne semble pas parvenir à devancer les autres grandes économies de la scène internationale, alors que la concurrence s’intensifie, notamment avec les puissances émergentes. C’est ce qui ressort d’un dossier spécial publié par le Centre d’analyse stratégique, intitulé « Portrait de l’Europe dans la mondialisation ».
L’approche des Européens face à la mondialisation est ambiguë. Une majorité d’entre eux estime que la mondialisation est bénéfique, mais 47% la considèrent comme une menace, notamment pour l’emploi et la croissance des entreprises.
Le Centre d’analyse stratégique relève à cet égard que si l’impact des délocalisations sur les pertes d’emplois en Europe « est non négligeable » dans certains secteurs économiques, « les délocalisations d’activités vers l’extérieur représentent [pourtant] une part très limitée des pertes d’emploi constatées au sein de l’UE ».
Parmi les conséquences positives de la mondialisation, le dossier évoque la diminution des coûts de transport et de communication tout comme celui du traitement de l’information.
Mis à part les Néerlandais, qui jugent l’UE « trop protectionniste », les Européens manifestent un profond désir d’encadrer le développement de la mondialisation par des règles.
L’UE peine à rattraper les Etats-Unis
Alors qu’elle présente un déficit de croissance par rapport aux Etats-Unis, l’UE reste le premier exportateur mondial devant la Chine et les Etats-Unis, ses principaux fournisseurs. Néanmoins, la contribution au commerce mondial des pays de l’Europe membres de l’OCDE a diminué entre 2000 et 2006.
La productivité au travail est aussi très inégale entre les Etats membres de l’UE. Ainsi, si la productivité moyenne de l’UE est inférieure à celle des Etats-Unis, certains pays européens tels que le Luxembourg ou la France sont plus performants dans ce domaine que les Américains.
En outre, l’UE dépense moins que les Etats-Unis et le Japon en recherche et développement (R&D), en partie à cause de la faiblesse des investissements privés en R&D. Cette différence se ressent par conséquent sur les exportations de nouvelles technologies et sur le nombre de dépôts de brevets.
S’agissant de l’enseignements, les dépenses qui y sont consacrées en Europe sont aussi inférieures à celles des Etats-Unis. La proportion de détenteurs de diplômes secondaires est importante au sein de l’UE, mais moins qu’aux Etats-Unis.
Lors des discussions qui ont précédé l’adoption d’une résolution sur l’approche européenne sur la mondialisation, les eurodéputés ont d’ailleurs manifesté leur volonté de mettre l’accent sur l’investissement dans les systèmes de formation et d’éducation, ainsi que sur l’innovation. (Lire EurActiv 20.11.2007)
Une certaine cohésion sociale en Europe
Alors que les inégalités salariales progressent dans l’ensemble des pays de l’OCDE, les pays européens, et plus particulièrement ceux du nord, restent « en général moins inégalitaires que leurs compétiteurs ».
Par ailleurs, le niveau de richesse par habitant en Europe, qui reste très variable selon les pays membres, est inférieur à celui du Japon, du Canada et des Etats-Unis. Néanmoins, le classement selon l’indice de développement humain développé dans le cadre du Programme des Nations Unies pour le Développement donne une meilleure place aux Etats européens. Cet indice qui se veut plus complet que le simple PIB par habitant prend en compte trois critères : la santé, l’éducation et le niveau de vie.
Les dépenses sociales sont plus importantes dans l’UE des 25 qu’aux Etats-Unis, mais une fois encore les disparités sont importantes entre les différents pays membres.
En décembre, la Commission présentera ses propositions pour un nouveau cycle de la stratégie de Lisbonne, et les chefs d’Etat et de gouvernement adopteront sans doute une déclaration de l’UE sur la stratégie européenne sur la mondialisation lors du Conseil européen de Lisbonne, les 13 et 14 décembre prochains.




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