La banque européenne d'investissement (BEI) a pallié les défauts des banques commerciales en 2009. Elle a mis 1000 grandes entreprises, dont les emprunts risquent de ne pas être assumés, sur une "liste de surveillance".

Le siège de la BEI, à Luxembourg ©Commission européenne
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Banque européenne d'investissement
La Banque européenne d’investissement octroie un volume de financement sans précédentMinistère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi
Nouveaux prêts BEI pour les PME
Un nombre croissant de grandes entreprises s'est tourné vers la BEI pour demander un crédit en 2009 après s'être vu refuser des prêts par les banques commerciales.
Ces dernières années, les sociétés ont compté pour environ un tiers des prêts de la BEI. Cette part a désormais grimpé à 42 % - soit environ 12 milliards d'euros.
Le président de la banque, Philippe Maystadt, a déclaré, lors de la présentation du rapport annuel 2009 de la BEI jeudi 25 février, qu'il espérait que la situation serait provisoire. Il a ajouté que la banque réduirait ses prêts aux entreprises en 2011 si les banques commerciales recommençaient à prêter aux sociétés. "La BEI a du agir en tant que remplaçant temporaire des banques commerciales l'an dernier", a-t-il expliqué.
M. Maystadt a insisté sur le fait que les prêts de la BEI resteraient de très bonne qualité et a affirmé que la banque avait historiquement des taux d'usure très bas. Toutefois, la crise financière a conduit l'institution a prendre des risques plus importants que par le passé, créant une plus forte probabilité de défauts de paiements.
La "liste de surveillance" des emprunts instables augmente
"Nous avons une liste de surveillance que nous suivons de très près, mais elle représente environ 0,4 % de nos emprunts. À cause de la crise, certains emprunteurs ont été déclassés par les agences de notation. Ce sont tous des clients issus d'entreprises", a indiqué M. Maystadt.
Il ajouté que des entreprises de tous les secteurs commerciaux et de toutes les régions géographiques étaient présentes dans la liste de surveillance.
"Nous avons été plus sollicités par les entreprises l'an dernier. La plupart d'entre elles étaient déjà clientes, alors que d'autres sont venues nous voir pour la première fois. Certaines d'entre elles ont découvert l'an dernier seulement que la BEI existait", a-t-il précisé. Les gérants de certaines sociétés ne savaient pas que la BEI pouvait prêter à des clients privés.
Depuis le début de la crise financière, la BEI, dont la cote de crédit est notée AAA, a élevé ses prêts. Elle a été mandatée pour injecter des milliards d'euros dans l'économie réelle, avec une attention particulière sur les PME, l'innovation et la lutte contre le changement climatique.
Montée des emprunts pour les petites entreprises
En 2007, la BEI a prêté 5,7 milliards d'euros aux petites entreprises. Ce montant a toutefois doublé à 12,7 milliards d'euros en 2009, les banques ayant été mandatées pour donner davantage de crédits aux PME.
"Nous avons cherché à compenser en partie la réticence des banques commerciales à prêter aux PME", a déclaré M. Maystadt, tout en précisant que les fonds ont bien été distribués aux petites entreprises par les banques commerciales.
En 2009, le fonds européen d'investissement (FEI), une filiale de la BEI, a apporté des garanties d'emprunts d'une valeur de 2,3 milliards d'euros aux PME et a également injecté des millions d'euros aux fonds de capital risque.
Cependant, la chute des crédits pour les petites entreprises continue de s'aggraver. Un rapport de la Banque centrale européenne (BCE) présenté le 16 février a montré une détérioration des prêts aux PME au cours du second semestre 2009.
Dynamisation des financements pour la recherche et le climat
Le Conseil de l'UE a également demandé à la BEI de prendre davantage de risques en soutenant des projets de recherche. Le président de la BEI a déclaré que la banque chercherait à poursuivre son soutien à la R&D à travers des emprunts et des systèmes de garantie tels que le mécanisme de financement du partage des risques (IFPR).
38 % des emprunts dans les pays de l'UE ont été alloués à des projets environnementaux, 4,2 milliards ayant été dépensés seulement pour l'énergie renouvelable.
Un total de 17 milliards d'euros a été apporté aux projets liés au climat, y compris les énergies solaires et éoliennes, ainsi que les secteurs du transport et de l'automobile. Les voitures électriques pourraient également recevoir une plus grande proportion de financements en 2010, d'après des fonctionnaires de la BEI.
Soutien à la Grèce
M. Maystadt a indiqué que la BEI soutiendrait les projets grecs qui remplissent les critères de prêt de la banque, mais il a précisé qu'il n'était pas mandaté pour offrir un renflouage aux Etats membres qui essaient de s'en sortir.
"Le premier et meilleur moyen de lutter contre la spéculation est que le gouvernement grec remette de l'ordre dans son pays – restaurer la crédibilité en mettant en œuvre les mesures qui ont été annoncées", a-t-il dit.
Il a ajouté que les Etats membres devaient vaincre les spéculateurs en s'engageant à apporter leur soutien à la Grèce si elle en avait besoin.
Contexte
La banque européenne d'investissement (BEI) a été créée en 1958 par le traité de Rome, il s'agit de l'organisme de prêt à long terme de l'Union européenne.
Depuis le début de la crise financière, la banque a étendu la portée de son crédit à l'industrie automobile, aux projets d'efficacité énergétique, à la recherche et au développement des PME.
La BEI a attribué 30 millions d'euros aux petites entreprises entre 2008 et 2011. L'institution a insisté en 2009 sur le fait qu'elle n'avait pas l'intention de se comporter comme une banque commerciale. Elle utilise des banques intermédiaires pour véhiculer les fonds aux petites entreprises. Cependant, certains groupes d'entreprises se plaignent que les fonds ne leur parviennent pas.



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