Enjeux :

Les présidents des groupes de négociations sur l’agriculture et sur les produits manufacturés à l’OMC, Crawford Falconer et Don Stephenson, ont transmis aux Etats membres, mardi 17 juillet, leurs projets de relance des négociations commerciales internationales.

Ces textes révèlent les possibilités de compromis que les Etats membres de l’OMC pourraient adopter sur la base de ce qui a été proposé au cours des derniers mois de discussions.

Une semaine après que ces projets aient été présentés à l’OMC, les pays membres se sont réunis mardi 24 juillet pour en discuter.

Si l’ensemble des délégations estiment que ce compromis pourrait servir de base pour la relance des discussions, il reste de nombreux points de divergence.

Positions :

  • Les pays membres de l’UE ont appelé la Commission à négocier un rééquilibrage entre les concessions et exigences de chaque partie. Les négociations sont d’autant plus sensibles qu’il existe de fortes disparités entre les quinze Etats agricoles de l’UE. « Des pays comme la Finlande et les Pays-Bas se rendent compte que leur agriculture pourrait durement souffrir de la limitation proposée pour les produits sensibles », a confié un diplomate européen.

  • Pour les Etats-Unis, le projet de compromis représente une amélioration par rapport à celui de l’an dernier mais reste inacceptable sur certains chapitres ».  "Beaucoup de travail a été fait sur les subventions aux exportations et le soutien interne et ce, contrairement avec ce qui a été fait pour l’accès aux marchés, où des portions importantes manquent", a regretté mardi à Genève un négociateur américain.
    Il  a affirmé qu’il était « hors de question » que les Etats-Unis abaissent les aides à 13 milliards de dollars. Toutefois, des concessions sur les soutiens internes demeurent possibles. La semaine dernière, Washington a également fait part de son hostilité aux concessions demandées sur le coton.

  • Pour les pays du G10, menés par la Corée du Sud et le Japon, le projet Falconer représente une base de discussion intéressante mais très déséquilibrée. Pour ces pays importateurs agricoles, le texte impose un fardeau disproportionné à leurs agriculteurs.

  • Pour les pays du G20, dont l’Inde et le Brésil sont chefs de file, ce texte apparaît comme « un bon point de départ pour des négociations ultérieures en septembre ». Toutefois, dans un communiqué publié mardi, ces pays ont indiqué que " plusieurs lacunes" devaient encore être comblées. 

« Des niveaux différents de précision rendent difficile l’évaluation de l’équilibre général du texte, également en relation avec les propositions de réduction des droits de douane sur les produits industriels », précisait ce communiqué. Le groupe du G20 salue les progrès réalisés par ce compromis mais appellent l’UE et les Etats-Unis à abaisser sensiblement leurs subventions agricoles.

« Le texte sur l’agriculture est un texte ouvert qui permet de continuer les débats, alors que celui sur les produits industriels propose un résultat final à un moment où il n’y a aucune clarté dans les positions”, a estimé l’ambassadeur du Brésil à Genève, Clodoaldo Hugueney.