Avant la réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le 21 juillet, le commissaire européen au Commerce extérieur, Peter Mandelson, a rejeté les récentes critiques du président français, Nicolas Sarkozy.
Documents officiels
Organisation Mondiale du Commerce
Projets révisés d'un accord final sur DohaOrganisation Mondiale du Commerce
Programme de Doha pour le développementOrganisation Mondiale du Commerce
La renégociation de l'Accord sur les marchés publics (AMP)
Revue de presse
M. Mandelson a déclaré à l’International Herald Tribune qu’en cas d’échec des négociations sur le PDD (programme de Doha pour le développement), le processus de l’OMC serait fortement enrayé. (EurActiv.fr 26/07/2007)
Incertitudes sur l’issue des négociations
Le commissaire a également émis des doutes sur les chances d’obtenir un accord sur le changement climatique, alors que le cycle des négociations sur le commerce n’a toujours pas abouti après sept ans de travaux. (EurActiv.fr 19/06/2007)
Reprenant les propos du directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, le commissaire a estimé qu’il y avait « une chance sur deux » pour que le pacte commercial international ne soit pas établi dans un futur proche. Il a néanmoins souligné que l’unité de l’Europe serait essentielle en vue de l’obtention d’un accord.
Ces déclarations interviennent après que le président français, Nicolas Sarkozy, a vivement accusé M. Mandelson d’avoir contribué au rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais, en menaçant l’avenir de l’agriculture européenne dans les négociations avec l’OMC.
La Commission face au lobby agricole
Dans le cadre des négociations du cycle de Doha, la France est considérée comme un fervent défenseur de la politique agricole commune (PAC) de l’UE (EurActiv.fr 18/07/2007). La PAC comprend d’importantes subventions et une protection douanière pour les agriculteurs européens.
Ainsi, la France n’a pas l’intention de permettre à la Commission de faire des concessions qui pourraient menacer le secteur agricole. Fort du soutien du lobby agricole, M. Sarkozy s’appuie sur la crise alimentaire mondiale pour justifier la nécessité pour l’UE de rester une grande puissance agricole.
Le président du comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), le Français Jean-Michel Lemétayer, a pour sa part déclaré ne pas comprendre « comment le Commissaire Mandelson pouvait insister pour un accord commercial, qui rendra les consommateurs européens encore plus dépendants vis-à-vis des importations pour leur approvisionnement alimentaire de base et ce, à une époque de crise alimentaire mondiale ». M. Lemétayer a également mis en garde contre « de graves retombées sur l’industrie alimentaire et sur l’emploi. »
Relancer les négociations
En prévision de la réunion ministérielle de l’OMC du 21 juillet, la Présidence française de l’UE a convoqué une réunion des ministres européens du Commerce, du Développement et des Affaires étrangères, vendredi 18 juillet. L’occasion de passer en revue les derniers textes en cours de négociations sur les produits agricoles et industriels présentés par les médiateurs de l’OMC le 10 juillet. Les ministres pourraient profiter de l’occasion pour réduire la marge de manœuvre de M. Mandelson.
Ce dernier a néanmoins réaffirmé le 14 juillet à Bruxelles que la teneur de son mandat était claire, et qu’il ne comptait ni la changer, ni la modifier. Il a insisté sur le fait qu’il avait toujours œuvré dans le cadre du mandat qui lui a été confié par les Etats membres et qu’il continuerait ainsi.
M. Mandelson a reçu le soutien de la Grande-Bretagne, la Suède, la République tchèque, l’Estonie, la Lettonie et la Slovénie. Dans une lettre ouverte à l’International Herald Tribune, les ministres du Commerce de ces six pays ont déclaré que l’unité de l’UE était plus importante que jamais. Pour eux, il est hors de question de rater une occasion de contrebalancer la faiblesse de la gouvernance économique mondiale.



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