Pour le chef du gouvernement italien, il est temps d'enclencher la deuxième phase de sortie de crise en privilégiant la croissance.

© Bundesregierung/Steffen Kugler
Revue de presse
New York Times
Monti, in Berlin, Calls for Growth Policies in EuropeIl Corriere della Sera
Monti: «Non occorrono altre manovre»La Repubblica
Monti a Berlino: "Da Ue e Germania serve più attenzione alla crescita"
Le président du Conseil italien, Mario Monti, s’est rendu à Berlin, mercredi 11 janvier, avec un objectif : tenter de mettre le holà à la politique d’austérité dans laquelle la zone euro s’est enfoncée pour sortir de la crise. Il entendait ainsi tester l’assentiment de la chancelière allemande sur la stratégie qu’il entend mettre en œuvre pour redresser son pays.
Le chef du gouvernement italien prépare le terrain depuis plusieurs jours. Il a déclaré dans un premier temps, dimanche 7 janvier, sur la chaîne de télévision RaiTre, que les Italiens avaient fait des sacrifices importants et qu’il fallait désormais penser à revigorer l’activité économique.
Geste supplémentaire
Mais Mario Monti a prévenu qu’il ne pourrait pas mener sa barque avec succès « si les politiques de l’UE ne changent pas ». Il espère un geste supplémentaire de la part des institutions européennes, sans quoi la situation politique et économique de son pays pourrait se détériorer rapidement.
Interrogé par le quotidien allemand Die Welt avant sa rencontre avec la chancelière, le président du Conseil n’y est pas allé par quatre chemins, mettant clairement en garde contre la menace d’un retour du populisme en Italie.
M. Monti se refuse à subir le même sort que la Grèce ou l’Espagne. En dépit d’efforts budgétaires considérables, les deux pays se sont enfoncés dans une crise économique et sociale, avec une augmentation considérable du chômage et de la pauvreté.
"Grand respect"
Contrairement au premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, qui pourrait annoncer de nouvelles mesures d’austérité en mars, le chef du gouvernement italien veut donc prendre ses distances avec le modèle de sortie de crise imposé par Bruxelles, et largement insufflé par Berlin.
Depuis son arrivée au pouvoir en novembre, Mario Monti a eu le temps de bâtir sa riposte et fait le choix de miser sur la croissance. Il n’a pas l’intention d’infliger à ses citoyens des mesures d’austérité supplémentaires.
Angela Merkel semble avoir entendu les propos de l'Italien, disant son «grand respect» pour la rapidité avec laquelle Rome a su réduire son train de vie, mais sans cautionner des mesures de relance qui ne feraient qu'augmenter les dépenses publiques.
La chancelière allemande admet toutefois que les dirigeants européens devront se pencher un peu plus sur la question de la croissance, oubliée des débats de sortie de crise.





Réactions
Machiavelli (non vérifié), le 13/01/2012
La « règle d'or » ou, puisqu'il faut parler allemand maintenant en Europe, comme exigé par M Kauder (chef du parti CDU de Mme Merkel), die Schuldenbremse“ est un peu ce qu'est la fausse planque aux criminels qui, interrogés par la police, mènent celle-ci à une planque dans laquelle bien évidemment le butin ne se trouve pas.
Ainsi vouloir limiter la dette budgétaire d'un pays, sans en limiter le déficit de la balance commerciale, conduit ce pays inexorablement à la pauvreté. La fuite de capital due au déficit de la balance commerciale n'étant ni contrôlée ni interdite.
Machiavelli (non vérifié), le 16/01/2012
Surtout la France et l'Allemagne sont responsables de la construction de l'Europe et des règles qui la régissent..
Cette complicité a conduit l'Europe au bord du gouffre.
Ainsi des règles, qui en fait livrent les économies faibles mains et poings liées aux économies les plus fortes de l'Union Monétaire, ont été imposés aux autres membres par l'axe franco-allemand, alors qu'une union fiscale, impliquant qu'une partie des recettes fiscales serait gérée par un ministère des finances européen et sans laquelle l'union monétaire n'a aucune chance de survivre ni de raison d'être, aurait permis une convergence de nos économies.
Malheureusement la réalité c'est que les règles actuelles permettent aux économies fortes de se développer aux dépens des économies plus faibles.
Ceci qui ne peut à la longue aboutir qu'à un éclatement de l'Union Monétaire.
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