A quelle hauteur le programme européen d'aide aux plus démunis finance-t-il vos actions?

Le PEAD contribue à 33% des ressources des banques alimentaires du réseau français. Cela représente près d'1/3 des produits distribués sur l'ensemble du territoire à prés de 740 000 personnes chaque année.

Sur quels autres financements vous appuyez-vous?

Une part de nos distributions quotidiennes provient des grandes surfaces qui nous donnent certaines de leurs denrées excédentaires. L'industrie agroalimentaire nous donne également des produits, et nous faisons appel une fois par an à la générosité des citoyens en organisant des collectes. En dehors de ces dons nous bénéficions du soutien financier de l'Etat à travers le plan national d'aide alimentaire, qui dispose d'un budget annuel compris d'environ 7 millions d'euros par an.

Savez-vous comment combler le déficit lié aux restrictions budgétaires du PEAD?

Ces restrictions ne peuvent pas rester en l'état. L'Europe ne peut se désintéresser du sort des plus démunis. Le PEAD est l'exemple même d'une solidarité européenne de fait.

En quoi les arguments des pays qui souhaitent que la PAC ne finance plus ce programme vous semblent-ils irrecevables?

Il faut remettre les choses à leur place. La somme annuelle allouée au PEAD s'élève à 500 millions d'euros, soit simplement 1% du budget total de la politique agricole commune. Consacrer une part infime de ce budget ne semble pas quelque chose d'exorbitant.

L'Allemagne, soutenue par six autres pays (la Suède, Royaume-Uni, Danemark, Pays-Bas, République Tchèque) refuse l'adoption d'un règlement européen, sur la table des négociations entre les 27 Etats depuis 2009. Le texte prévoit un cofinancement des Etats et de la PAC, chaque pays financerait à hauteur de 10 à 25% de la totalité du plan.

Actuellement nous faisons tout pour obtenir l'adoption du texte.

Comment s'organise votre mobilisation?

Elle est d'abord interne, au sein du réseau de la Fédération européenne des banques alimentaires. En Italie et au Danemark par exemple, mais aussi en République tchèque où cette restriction serait dramatique compte tenu de l'importante dépendance financière du secteur associatif vis-à-vis du PEAD. Chaque instance nationale essaie d'obtenir de son gouvernement qu'il s'implique dans les négociations entre chefs d'Etat.

De notre coté, dès la publication de l'arrêt par la Cour de justice nous avons saisi les ministres en charge de cette situation. Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, ainsi que celui des Affaires européennes, Laurent Wauquiez. Nous leur avons demandé de tout faire pour peser sur la minorité de blocage qui empêche le vote de ce règlement.

 

Que vous ont-ils répondu?

Nous avons obtenu leur soutien. Nous attendons maintenant qu'ils insufflent une autre tournure aux négociations. Le 28 juin prochain les ministres européens de l'agriculture se réuniront et le PEAD a été ajouté à l'ordre du jour. Nous espérons que les Etats réticents changeront leurs positions.