Le réseau des banques alimentaires françaises serait particulièrement touché par la restriction budgétaire du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) annoncée par la Commission. Mais le directeur fédéral du réseau Maurice Lony croit en la mobilisation des associations et des politiques.

© Droits réservés
Positions
Banques alimentaires françaises
Communiqué de presse suite à l'arrêt de la Cour de justice de l'UELes Verts européens
Communiqué de presse suite aux restrictions budgétaires du PEADS&D
Communiqué de presse des sociaux démocrates européensGroupe Socialiste au Parlement Européen
Intervention d'Estelle Grelier sur le PEAD
Documents officiels
Conseil de l'Union européenne
Règlement instaurant le financement du PEADMinistère de l'Agriculture
Communiqué de presse conjoint de Bruno Le Maire et Laurent Wauquiez
A quelle hauteur le programme européen d'aide aux plus démunis finance-t-il vos actions?
Le PEAD contribue à 33% des ressources des banques alimentaires du réseau français. Cela représente près d'1/3 des produits distribués sur l'ensemble du territoire à prés de 740 000 personnes chaque année.
Sur quels autres financements vous appuyez-vous?
Une part de nos distributions quotidiennes provient des grandes surfaces qui nous donnent certaines de leurs denrées excédentaires. L'industrie agroalimentaire nous donne également des produits, et nous faisons appel une fois par an à la générosité des citoyens en organisant des collectes. En dehors de ces dons nous bénéficions du soutien financier de l'Etat à travers le plan national d'aide alimentaire, qui dispose d'un budget annuel compris d'environ 7 millions d'euros par an.
Savez-vous comment combler le déficit lié aux restrictions budgétaires du PEAD?
Ces restrictions ne peuvent pas rester en l'état. L'Europe ne peut se désintéresser du sort des plus démunis. Le PEAD est l'exemple même d'une solidarité européenne de fait.
En quoi les arguments des pays qui souhaitent que la PAC ne finance plus ce programme vous semblent-ils irrecevables?
Il faut remettre les choses à leur place. La somme annuelle allouée au PEAD s'élève à 500 millions d'euros, soit simplement 1% du budget total de la politique agricole commune. Consacrer une part infime de ce budget ne semble pas quelque chose d'exorbitant.
L'Allemagne, soutenue par six autres pays (la Suède, Royaume-Uni, Danemark, Pays-Bas, République Tchèque) refuse l'adoption d'un règlement européen, sur la table des négociations entre les 27 Etats depuis 2009. Le texte prévoit un cofinancement des Etats et de la PAC, chaque pays financerait à hauteur de 10 à 25% de la totalité du plan.
Actuellement nous faisons tout pour obtenir l'adoption du texte.
Comment s'organise votre mobilisation?
Elle est d'abord interne, au sein du réseau de la Fédération européenne des banques alimentaires. En Italie et au Danemark par exemple, mais aussi en République tchèque où cette restriction serait dramatique compte tenu de l'importante dépendance financière du secteur associatif vis-à-vis du PEAD. Chaque instance nationale essaie d'obtenir de son gouvernement qu'il s'implique dans les négociations entre chefs d'Etat.
De notre coté, dès la publication de l'arrêt par la Cour de justice nous avons saisi les ministres en charge de cette situation. Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, ainsi que celui des Affaires européennes, Laurent Wauquiez. Nous leur avons demandé de tout faire pour peser sur la minorité de blocage qui empêche le vote de ce règlement.
![]()
Que vous ont-ils répondu?
Nous avons obtenu leur soutien. Nous attendons maintenant qu'ils insufflent une autre tournure aux négociations. Le 28 juin prochain les ministres européens de l'agriculture se réuniront et le PEAD a été ajouté à l'ordre du jour. Nous espérons que les Etats réticents changeront leurs positions.
Le Programme européen d'aide aux démunis
L'hiver 1986-1987, particulièrement rigoureux, avait amené la Communauté européenne à adopter des mesures de distribution gratuite de nourriture aux personnes les plus démunies. Elles ont été pérennisées dans un programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), financé par la Politique agricole commune.
Aujourd'hui, certains Etats, plus particluièrement à l'Est sont extrêmement dépendants de ce financement solidaire. La Pologne y puise par exemple 90% de son budget consacré aux plus démunis.
La cour de Justice a répondu à la demande de l'Allemagne qui voulait une diminution de cette aide, au motif qu'elle relevait d'un financement via une politique sociale nationale et non via la PAC.
Lundi 20 juin, la Commission européenne a annoncé une baisse drastique de l'allocation au Programme européen d'aide aux plus démunis, ramenée de 500 à 113 millions d'euros l'an prochain du fait d'une décision de justice de l'UE.
Le ministre français des affaires européennes, Laurent Wauquiez, a protesté contre cette décision, "Au moment où l'Europe est traversée par des crises, personne ne comprendrait que la Commission ne soit pas capable d'alimenter le programme en faveur des plus fragilisés de nos compatriotes", a-t-il déclaré à l'AFP.



Réagissez