La mise en œuvre rapide du mécanisme de sauvetage permanent dit "Mécanisme européen de stabilité" (MES), décidée au Conseil européen des 8 et 9 décembre, reste la priorité numéro un d'Angela Merkel.

La chancelière s'est également dite prête à débloquer la contribution allemande aux fonds propres du MES plus rapidement que prévu, à condition que les partenaires européens de l'Allemagne se prêtent au même exercice.  

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble partage cet avis. Pour lui, "la voie sur laquelle se sont entendus les chefs d'Etat et de gouvernement en décembre est la bonne, et il faut la prendre maintenant", a déclaré le ministre à la télévision allemande le 22 janvier. Une première réévaluation du MES aura lieu au mois de mars. 

1000 milliards d'euros 

La chancelière essaie ainsi de contrebalancer les propositions faites par la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Au lendemain d'un rencontre avec la Angela Merkel, dimanche 22 janvier, à Berlin, Christine Lagarde a proposé d'augmenter les capacités financières des mécanismes de sauvetage européen. Sans cette mesure, l'Italie et l'Espagne pourraient "potentiellement être entrainées dans une crise de solvabilité", a-t-elle mis en garde.

Mme Lagarde propose d'intégrer les fonds du mécanisme de sauvetage provisoire (FESF), qui n'ont pas encore été utilisés, dans le MES pour accroître sa force de frappe. Elle a également appelé les dirigeants européens à définir un calendrier clair et fiable pour la mise en œuvre du MES.

Selon le journal allemand "Der Spiegel", le premier ministre italien Mario Monti souhaite doubler la capacité du MES, qui devrait ainsi atteindre un volume de 1 000 milliards d'euros. Le président de la Banque centrale européenne, l'Italien Mario Draghi, semble être en faveur de cette proposition.

L'argent ne suffira pas 

Lors d'une audition par la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, lundi 23 janvier, Andreas Botsche de l'Institut syndical européen a également critiqué l'insuffisance des mécanismes de sauvetage en place. Néanmoins, il considère que l'augmentation constante des plafonds des fonds ne contribuera pas à la résolution de crise. Selon lui, les décideurs politiques feraient mieux de s'attaquer aux déséquilibres macro-économiques existants dans la zone euro, cause profonde de la crise économique actuelle. 

Le président du Fonds européen de stabilité financière (FESF) Klaus Regling doit être auditionné par la commission parlementaire, mardi 24 janvier. Les élus souhaitent évaluer l'efficacité du FESF et de son successeur, le MES.