La demande officielle de Dublin d'une aide internationale a été acceptée dimanche 21 novembre dans la soirée. L'objectif est d'aider le pays à sortir de la crise. "Les autorités européennes ont accédé à notre demande", a déclaré dans la soirée le premier ministre irlandais, Brian Cowen. "J'espère que l'accord sera finalisé prochainement, dans les semaines à venir".

Le montant de l'aide financière débloquée par l'UE et le FMI doit encore être négocié. Mais selon une source européenne bien placée, "nous parlons d'une somme comprise entre 80 et 90 milliards d'euros", dont des fonds pour soutenir le secteur bancaire irlandais. De son coté, le Royaume-Uni, non membre de la zone euro, fournira une aide bilatérale de 8,15 milliards d'euros, au titre de l'assistance à "un ami dans le besoin".

"Le plan en préparation devra répondre de façon décisive aux défis budgétaires de l'économie irlandaise et aux besoins potentiels en capitaux à l'avenir dans le secteur bancaire", a précisé le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.

Des experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI devront boucler d'ici la fin du mois de novembre le plan de prêts. Il sera échelonné sur trois ans, a ajouté le commissaire.

Eviter la propagation

"Accorder une aide à l'Irlande est justifié par le besoin de préserver la stabilité financière de l'Europe", a précisé M. Rehn à Reuters. Ce soutien devrait en effet permettre d’éviter une propagation de la crise dans la zone euro en particulier dans les autres Etats membres avec un important déficit, comme l’Espagne ou le Portgugal, qui menacent l’UE d’une crise systémique.

Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, a d’ailleurs jugé que la décision de l'Irlande de réclamer une aide financière était susceptible d'apaiser les marchés.

Plan d’austérité

De son coté, l’Eire devra faire des efforts. M. Cowen a indiqué dimanche que son gouvernement annoncerait un plan d'austérité sur quatre ans. Il visera à réduire le déficit budgétaire de 15 milliards d'euros pour le ramener à 3% du PIB en 2014.

Selon la ministre irlandaise du Tourisme, Mary Hanafin, ce plan sera dévoilé mercredi 24 novembre.

Pour des médias irlandais, les mesures d'austérité devraient comprendre une nouvelle taxe foncière, une réduction du salaire minimum, des allocations familiales et des indemnités aux demandeurs d'emploi. Certaines exonérations fiscales dont bénéficient les hauts revenus pourraient également être supprimées.

Lors d'une conférence de presse, le ministre irlandais des Finances, Brian Lenihan, a exclu toute augmentation de l'impôt sur les sociétés, dont la faiblesse est une source de tensions avec d'autres pays européens.

Il a déclaré que la taille des banques irlandaises, fragilisées par l'éclatement de la bulle immobilière, serait probablement réduite et qu'elles pourraient devoir envisager la cession d'actifs non-essentiels.