L’Union européenne dispose, via la politique de cohésion et ses outils financiers, les fonds structurels, d’un puissant levier d’action au service de la solidarité entre les régions qui la composent.

La politique de cohésion a ainsi permis d’améliorer directement, grâce aux projets qu’elle a contribué à financer,  la vie quotidienne de millions de citoyens européens. Elle a probablement réussi, ainsi, à faire avancer l’Europe elle-même, en tant qu’espace de solidarités.

En novembre 2010, la Commission européenne a proposé, dans son 5ème Rapport sur la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union européenne, la mise en place, à compter du 1er janvier 2014 d’une allocation financière plus importante pour certaines régions européennes.

Ni pauvres, ni riches

Ni pauvres, ni riches, ces régions ont des caractéristiques communes : niveaux de PIB par habitant similaires (entre 75 et 90% de la moyenne du PIB de l’UE), tissu économique où prédominent des secteurs à faible valeur ajoutée, déficit en emplois stratégiques, reconversions industrielles difficiles, difficulté des jeunes à trouver un emploi sur les territoires concernés….

Les dernières statistiques européennes publiées en février 2011 montrent une dégradation de la situation de l’ensemble du territoire métropolitain. Plusieurs régions françaises (Basse-Normandie, Corse, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Limousin, Lorraine, Nord Pas-de-Calais, Picardie, Poitou-Charentes, ainsi que, potentiellement, l’Auvergne et la Martinique), ont un PIB par habitant qui les placent au même niveau que des régions grecques, polonaises ou de l’Est de l’Allemagne, n’ayant pas achevé leur processus de rattrapage économique.

Toutes ces régions européennes perçoivent actuellement, au titre de la solidarité européenne, des montants de fonds européens bien supérieurs à ceux perçus par nos territoires. Cette situation d’inégalité ne peut plus perdurer.

La nouvelle proposition de la Commission européenne permettrait d’apporter un soutien financier plus important aux régions françaises éligibles à cette nouvelle catégorie, sans pour autant augmenter le budget européen, ni réduire les capacités d’intervention actuelles dans les autres régions.

Besoins de financements européens

Nos régions ont de nombreux projets qui permettront ce développement régional nécessaire à nos concitoyens, nos entreprises et nos territoires, en milieu rural comme dans les zones urbaines: le développement des infrastructures ferroviaires, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, de l’économie numérique, de nouvelles technologies porteuses d’avenir …autant de domaines pour lesquels nos régions ont, plus que jamais, besoin des financements européens.

A l’heure où nos concitoyens attendent des politiques plus proches de leurs préoccupations quotidiennes, il nous paraît urgent de renforcer l’économie réelle sur nos territoires, basée sur les filières industrielles d’avenir et la recherche, de soutenir la formation des jeunes, de favoriser la reconversion des salariés travaillant dans des secteurs industriels en difficulté comme l’automobile, afin de réduire les taux de chômage qui dans certaines zones urbaines de nos régions peuvent atteindre jusqu’à 47%…

PAC et politique de cohésion

Nous considérons qu’il serait risqué d’opposer, dans la stratégie de négociation du futur budget européen, la Politique agricole commune et les fonds européens, deux politiques dédiées au développement des territoires auxquelles nous sommes attachés. La construction européenne doit rester basée sur la solidarité entre européens, et non sur la compétition.

Nous pensons qu’il est possible de concilier l’aide  à nos agriculteurs et le développement des TIC, le développement de l’industrie agro-alimentaire à celui de la recherche dans le domaine de la santé, l’aide à l’installation des jeunes agriculteurs à la création d’emplois qualifiés pour les jeunes diplômés de nos universités.

Pas de sacrifice des territoires

Nous vous demandons solennellement, au moment où vous vous apprêtez à négocier avec vos homologues européens le futur cadre financier de l’Union, de ne pas sacrifier l’avenir de nos territoires sur l’autel de la réduction du budget européen. Nous vous demandons de soutenir, au nom de l’équité territoriale, la proposition de la Commission européenne d’accorder à nos régions une aide financière plus importante, reflétant mieux leurs difficultés structurelles de développement.

Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de marquer votre solidarité à l'égard de 11 régions françaises, dans lesquelles vivent près de 18 millions de vos compatriotes, en permettant à l'Europe d’aider à la réalisation de projets porteurs de développement économique régional.

Le rayonnement de la France et l’avenir de l’Europe passent aussi par les projets mis en œuvre sur nos territoires.

Alain Rousset, président de l'association des Régions de France, président de la Région Aquitaine, Laurent Beauvais, président de la Région Basse-Normandie, Jean-Yves Le Drian, président de la Région Bretagne, Paul Giaccobi, président du Conseil exécutif de Corse, Christian Bourquin, président de la Région Languedoc-Roussillon, Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Franche-Comté, Jean-Paul Denanot, président de la Région Limousin, Jean-Pierre Masseret, président de la Région Lorraine, sénateur de la Moselle, Daniel Percheron, sénateur du Pas-de-Calais, président de la Région Nord-Pas-de-Calais, Michel Delebarre, ancien président du Comité des Régions, député-Maire de Dunkerque, René Souchon, président de la Région Auvergne, Claude Gewerc, président de la Région Picardie