Avec l’Ukraine comme partenaire fiable, la Russie n'a pas besoin du gazoduc South Stream, a déclaré le premier ministre ukrainien Mykola Azarov dans un entretien conjoint accordé à EurActiv.com, Bloomberg et Reuters.
Revue de presse
L'Ukraine n'est pas à la recherche d'une "réduction" ou de "quotas privilégiés" pour le gaz russe importé, a déclaré le premier ministre ukrainien Mykola Azarov dans un entretien réalisé en marge d'une visite de deux jours à Bruxelles. Il a cependant insiste sur le fait que le compromis actuel, approuvé par son prédécesseur Iulia Tymoshenko, était injuste.
L’Ukraine et la Russie ont signé un accord pour les dix années à venir sur la distribution de gaz en janvier 2009. Celui-ci est intervenu après qu’une querelle sur les prix entre les deux voisins a laissé l’Union Européenne sans combustibles pendant deux semaines – dans un contexte de températures en dessous de zéro.
« La Russie ne souhaite pas revoir (l’accord sur le gaz). Pourquoi ? Parce que celui-ci lui est profitable. Pourquoi souhaitons-nous le réviser ? Parce que nous croyons que cet accord ne nous est pas profitable », a expliqué M. Azarov.
« Combien de temps devrait durer un accord dans lequel une partie est gagnante tandis que l’autre est perdante ? Quelque chose doit être entrepris au sujet de cet accord. Celui-ci n’est manifestement pas viable. »
M. Azarov s’est également prononcé contre le projet planifié de gazoduc South Stream, mené par Gazprom, qui devrait contourner l'Ukraine. « Nous disons à la Russie que l’Ukraine est un pays de transit fiable pour le gaz russe, dans toutes les directions que vous souhaitez. Nous avons des parcours de gazoduc traditionnels (comme) Pomary–Urengoy–Uzhgorod. Nous sommes prêts à améliorer notre débit dans le sud et à accéder à la ville de Burgas, en Bulgarie, ce qui est l’objectif de South Stream, via un gazoduc offshore sous la Mer Noire », a-t-il indiqué.
La visite à Bruxelles de M. Azarov a été perçue par beaucoup comme une préparation au sommet entre l’UE et l’Ukraine, qui aura lieu le 22 novembre. Au cours de ce déplacement, le Premier ministre a répété que les objectifs de son pays demeuraient l’intégration européenne, mais que Kiev ne déposerait pas de demande d’adhésion à l’UE avant que les réformes prévues n’aient créé les conditions propices.
« La chose la plus importante pour nous est de réaliser par nous-mêmes le travail nécessaire pour rapprocher l’Ukraine des standards européens », a déclaré l'Ukrainien.
A ce titre, il a exprimé son espoir de voir l’Ukraine signer un accord de libre-échange avec l’UE au premier semestre 2011.
M. Azarov a ajouté qu’il ne voyait pas de conflit entre les relations en développement avec l’UE et avec la Russie. « Nous sommes des négociateurs calmes et confiants. Et nous avons la même attitude envers la Russie qu’envers l’UE », a-t-il dit.
M. Azarov a rejeté les allégations selon lesquelles l’Ukraine retournerait vers un modèle d’état autoritaire, après la récente réforme constitutionnelle. Répondant à une question d’EurActiv.com au sujet de la liberté de la presse, il a déclaré que la parution ponctuelle d'articles tendancieux n'était pas une tragédie. De tels articles sont, selon lui, « manifestement commandités » par les opposants politiques du gouvernement.




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