C'est la principale conclusion du dernier sondage eurobaromètre publié au mois d'août.
Documents officiels
Commission européenne
Eurobaromètre, août 2010
42 % seulement des Européens affirment croire en l'Union européenne, soit six points de moins en seulement six mois, indique le dernier sondage Eurobaromètre.
Moins de la moitié des citoyens européens perçoivent l’adhésion de leur pays à l’Union européenne comme un facteur favorable, révèle également le sondage. La Commission européenne s’accroche aux éléments positifs du rapport, particulièrement en ce qui concerne la gouvernance économique.
Les fonctionnaires présentent le nouvel Eurobaromètre comme un soutien à la surveillance budgétaire accrue de Bruxelles. Selon le sondage, 75% des Européens estiment qu'une plus forte coordination entre les Etats membres aiderait à tempérer la crise économique.
L'enquête a été menée en mai, au plus fort des négociations sur les 750 milliards d'euros du fonds de soutien de la zone euro. Ironie du sort, l'eurobaromètre révèle que la population slovaque est la mieux disposée à l'égard de la solution européenne trouvée pour sortir de la crise. Pourtant, le parlement de ce pays s'est récemment retiré du fonds de renflouage UE-FMI pour la Grèce.
« Plus d’Europe » ?
Les résultats montrent que les citoyens sont en demande de « plus d’Europe », a indiqué un porte-parole de la Commission. Avant d'ajouter que cette enquête pourrait agir comme un stimulus, en amont du sommet informel de l’UE du 16 septembre prochain axé sur la gouvernance économique.
En dépit de la vision positive de Bruxelles, une analyse plus profonde du rapport révèle une crise de la confiance dans l’Union.
Seuls 49% des citoyens perçoivent l’adhésion à l’Union européenne comme un élément positif, tandis que 47% disent ne pas avoir confiance en l’UE. Même les futurs membres ne sont plus aussi enthousiastes à l'idée d'adhérer à l'UE. Seuls 27% des Turcs disent accorder leur confiance à Bruxelles.
Pour la première fois, l’Eurobaromètre a inclus l’Islande, actuellement en phase de négociations pour devenir membre de l'UE. 35% des Irlandais disent accorder leur confiance à l’UE, tandis que seuls 29% d'entre eux pensent que leur pays bénéficierait de l’adhésion européenne.
Craintes pour l'avenir
Selon les Européens, le futur s’annonce plutôt sombre. La plupart d’entre eux (55%) pensent que les pires effets de la crise économique sont à venir, même s'ils reconnaissent que les mesures de réduction du déficit ne peuvent se faire attendre.
L’augmentation des prix est un souci majeur pour une large proportion des entreprises européennes révèle également l’enquête. 36% d'entre elles admettent avoir des difficultés à régler leurs comptes, un problème qui pourrait être exacerbé par l’inflation et les hausses des taux d’intérêts.
71% des personnes interrogées sont d'accord pour dire que les réformes qui bénéficieront aux générations futures doivent être poursuivies même si cela entraîne des sacrifices pour la génération actuelle. Toutefois, seulement 46% d'entre elles déclarent être personnellement prêtes à réduire leurs standards de vie afin de garantir l’avenir des générations futures.
CALENDRIER:
- 7 sept. : Les ministres des finances de l'UE se rencontrent à Bruxelles (Ecofin).
- 16 sept. : Sommet spécial des dirigeants de l'UE pour discuter du rapport de M. Van Rompuy et étoffer les décisions sur la gouvernance économique.
Contexte
Les discussions pour réformer la façon dont l'UE peut réduire ses problèmes de dette et superviser les institutions financières ont été accélérées afin de rattraper le processus de réforme américain, a-t-on appris au début du mois. En juillet, la France et l'Allemagne ont dressé les contours d'une gouvernance économique de l'UE, appelant à des sanctions plus strictes pour les pays qui contreviennent aux limites européennes de dette et de déficit, et soutenant la mise en place de règles séparées pour les 16 pays de la zone euro, y compris la "neutralisation" de leurs droits de vote. Suite à l'apparition de la crise de la dette grecque, les ministres des finances de l'UE ont convenu en mai de mettre en place un mécanisme de sauvetage d'une valeur de 750 milliards d'euros pour empêcher l'euro de s'effondrer sous le poids de la dette accumulée par les pays de l'UE. Le 12 mai, la Commission européenne a présenté ses premières propositions pour renforcer le Pacte de stabilité et de croissance, qui garantit la stabilité financière de la zone euro et de l'UE dans son ensemble. Lors d'un sommet au mois de juin, les dirigeants de l'UE ont approuvé en grande majorité les suggestions de la Commission, ouvrant la voie à des propositions plus détaillées qui ont été présentées le 30 juin. Un groupe de travail de haut niveau dédié à dresser les contours de la réforme économique, qu'on appelle le "groupe de travail sur la gouvernance économique" et qui est présidé par le président du Conseil de l'UE Herman Van Rompuy, devrait présenter son rapport final sur les dirigeants de l'UE lors d'un sommet spécial le 16 septembre.





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