La Pologne et la Russie ont convenu d'augmenter les livraisons de gaz de Gazprom à destination de Varsovie de 38%. Le traité est soutenu par le Commissaire à l’Energie, Günther Oettinger.
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Revue de presse
Russes et Polonais se sont accordés, jeudi 4 novembre, sur un traité bilatéral qui permettra à Gazprom de livrer davantage de gaz à la Pologne. Le commissaire à l’Energie Gunther Oettinger a annoncé, le même jour, qu'il allait examiner « la dernière version du projet de traité, sur une base confidentielle ». Mais il a expliqué avoir confiance dans le fait que cet accord soit conforme à la législation de l’UE.
M. Oettinger, qui rentre d'une visite en Russie, a également précisé que la Commission a fourni des conseils aux autorités polonaises et russes, ainsi qu'aux sociétés d'énergie des deux côtés.
Un contrat jusqu'en 2019
Selon des médias, dans cet accord, Gazprom fournira à la compagnie de gaz polonaise PGNiG jusqu’à 10,2 milliards de mètres cubes de gaz par an dans les deux pays. Dans le précédent contrat, le volume était de 7,45 milliards de mètres cubes.
Le vice-premier ministre polonais Waldemar Pawlak a déclaré que le transit du gaz russe à travers la Pologne est garanti jusqu'en 2019, selon le Moscow Times, mais les deux parties sont parvenues à un accord sur la possibilité de prolonger l'accord jusqu'en 2045.
Selon un communiqué de PGNiG, un élément majeur de l’accord est la levée de la clause qui empêche la Pologne de ré-exporter les surplus de gaz naturel vers d’autres pays, sans l’accord de Gazprom (également appelée la clause de non re-exportation).
Cette clause a provoqué un important retard dans la finalisation de l'accord. La Commission a averti que cette clause n'était pas conforme aux règles européennes et que la Pologne risquait une pénurie de gaz.
La Pologne bénéficiera également d'une réduction de prix si elle achète plus de gaz que prévu. PGNiG a précisé que cela pourrait représenter 250 millions de dollars (175,85 millions d’euros) d'ici la fin de 2014 si la compagnie polonaise utilise la remise complète offerte par Gazprom.
Une politique ambigüe de Varsovie
L'accord sur le gaz a été négocié entre Varsovie et Moscou, parallèlement aux discussions sur une éventuelle participation de la Pologne dans la construction d'une centrale nucléaire à Kaliningrad, une enclave russe entre la Pologne et la Lituanie. D’après certaines informations, Varsovie pourrait également acheter de l’électricité produite par cette usine.
Certains critiquent ces accords qui vont à l’encontre de la politique déclaré de Varsovie de se détacher de Moscou pour ses besoins énergétiques. La Pologne est suspectée d’avoir perdu de l’intérêt pour le développement de schiste de gaz en partenariat avec des géants américains comme ExxonMobil, Chevron et Marathon Oil.
Les critiques soulignent également que, même si la clause interdisant à la Pologne de revendre le gaz excédant vers les pays tiers a été supprimée, il n'y aura, le plus souvent, pas de gaz disponible à la vente.
Contexte
En Septembre, la Commission européenne a averti que la Pologne pourrait connaître des pénuries de gaz naturel en raison des longues négociations avec la Russie sur l'approvisionnement en gaz à long terme.
L'accord a été retardé par les inquiétudes de l'UE. Bruxelles a signifié à la Pologne qu'en empêchant les entreprises européennes d’acheter son surplus de gaz russe, elle enfreignait les règles du marché intérieur européen. Une clause dans l’accord entre Varsovie et Gazprom empêchait la Pologne de revendre le gaz excédentaire à ses voisins alors que le pays en reçoit plus qu'il n'en a besoin.
La Commission souligne également les difficultés des entreprises étrangères à accéder au gazoduc Yamal, qui transporte du gaz russe vers l'Allemagne depuis la frontière Polono-biélorusse.
Le communiqué de la Commission précise qu’une « clause de territorialité », qui ferme le marché aux fournisseurs de gaz de l'UE, met à son tour en danger la sécurité de l'approvisionnement de la Pologne.



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